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La route de la francophonie au Liban, une ode aux écrits francophones dans le pays

13/04/2022|Louise Servans

Alphonse de Lamartine, Gustave Flaubert, Romain Gary, Jean Cocteau, Jean Genet, André Gide ou encore Gérard de Nerval… Leur point commun ? Leurs écrits sur leurs voyages en Orient, et notamment au Liban. D’après une idée du professeur Gérard Bejjani, titulaire de la chaire Senghor de la francophonie à l’Université Saint Joseph (USJ), et grâce au travail de dizaines d’étudiants en lettres françaises de l’USJ, de l’Université libanaise, de l’Université islamique du Liban et de l’Université du Saint Esprit de Kaslik (USEK), ces auteurs orientalistes seront mis en valeur partout dans le pays. Pendant plusieurs mois et avec l’encadrement de Karl Akiki, chef du département de lettres françaises de l’USJ, les étudiants se sont plongés dans l’étude des vies, des voyages, et des textes de ces écrivains pour décrypter la vision qu’ils avaient du Liban. 

 

L’idée finale est de créer un parcours avec des plaques commémoratives dont les localisations et les inscriptions auront été choisies par les étudiants en fonction des résultats de leurs recherches. Sur chaque plaque, un code QR renverra à un site internet créé par les étudiants, ou le visiteur pourra accéder dans le détail à l’ensemble de leurs recherches. Des photos, archives, extraits de textes et récits biographiques y seront présentés par auteur. 

 

Le dévoilement de ce parcours a donc eu lieu ce vendredi 8 avril à 11h à la Bibliothèque Nationale. Une vingtaine de groupes d’étudiants se sont succédés pour présenter l’auteur sur lequel ils avaient travaillé, et pour partager leurs recherches. Ils ont rappelé à quel point les récits du Liban par ces auteurs sont riches et souvent méconnus. Lors de son passage à l’ancienne prison d'État de Beiteddine, Gérard de Nerval rêve qu’il courtise une princesse druze et en crée une histoire féerique. Pendant son séjour dans un hôtel de Beyrouth, Flaubert décrit dans une lettre qu’il envoie à son amie en 1850 : “J’ai sous mes fenêtres la mer, et à ma droite le Liban. Le Liban qui a une cravate de nuages, et une perruque de neige.” Depuis 1832, Beyrouth est le tombeau de Julia, la fille d’Alphonse de Lamartine, et Amchit celui de la sœur d’Ernest Renan depuis 1861. Ce dernier écrit d’ailleurs “Si vous voulez voir une nature dont rien ne peut égaler le charme, une mer admirable, un ciel incomparable, les montagnes les plus belles du monde, venez ici, venez au Liban.” Les liens et attaches de ces artistes au pays du cèdre sont multiples et très personnels. 

 

Mais comme le rappelle Jean Cocteau : “Les Libanais sont une race de poètes.” Et parmi eux, beaucoup ont écrit en français. C’est aussi ce que la Route de la Fancophonie tient à mettre en exergue. Georges Shehadé, Farjallah Haïk, Charles Corm, Salah Stétié ou encore Nadia Tueni, sont autant d’écrivains libanais francophones dont les textes seront également mis à l’honneur sur ce parcours. Karl Akiki explique ainsi que, grâce aux plaques commémoratives apposées, ce projet permet “d’amener à nouveau le français dans nos rues et de maintenir sa mémoire”, à l’heure où l’anglicisation semble gagner du terrain. Ce projet mêlant histoire, littérature et géographie rappelle alors comme la langue même de ces écrits historiques et pourtant intemporels, qui chantaient déjà les louanges du Liban, peut être un élément fédérateur puissant. 

 

 

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