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À PIED À LA DÉCOUVERTE DU CENTRE-VILLE OTTOMAN

23/02/2019



Riche en histoire et reconstruit plusieurs fois, tel est le centre-ville de Beyrouth. Suite à la guerre de 1975, une nouvelle conception urbaine a mis en valeur l’héritage historique et l’espace public. La démolition de bâtiments et souks, les fouilles archéologiques et l’implantation des bâtisses ultra modernes ont transformé son paysage urbain. Vers la moitié du 19ème siècle, Beyrouth était une bourgade intra-muros entourée de vergers. Elle comptait des portes, des souks et un petit port. Un projet de modernisation sera lancé par les Ottomans sous le règne du Sultan Abdel Hamid II. Quand les Français débarquèrent ils achevèrent le travail urbain de leurs prédécesseurs. Pour visiter le centre-ville, il faut laisser la voiture dans un parking. C’est en arpentant les rues à pied qu’on découvre sa beauté faite de minarets et de campaniles, de pierres romaines et de vieilles façades aux couleurs du soleil levant.

1. Point de départ Place des Martyrs. Connue aussi sous le nom de Place Hamidié et Place des canons, elle a été nommée ainsi en 1919 en mémoire des nationalistes pendus par les Ottomans en 1916. Mais son premier nom Sahat Al Burj survivra plus longtemps. Elle comprenait ce qu’on appelait le petit sérail et un jardin public tous deux inaugurés en 1884. Le monument en bronze datant de 1958 est resté debout durant les années de la guerre civile et en garde aujourd’hui les traces. Il a remplacé la sculpture des Pleureuses de l’artiste libanais Youssef Hoayek qui se trouve actuellement à l’entrée du Musée Sursok à Achrafié. Le site archéologique à l’ouest révèle les fondations du Petit Sérail comme siège du pouvoir. Il sera démoli en 1950. La Place des Martyrs offre une vue de la nouvelle Mosquée Mohamad el Amin aux coupoles bleues de style sinanien, du quartier Saifi Village aux couleurs chaleureuses ainsi que du port et de la côte qui s’étend au nord de Beyrouth.

 



2. Du site archéologique du Petit Serail, traversez la rue Weygand et retrouvez le jardin Samir Kassir, journaliste et activiste politique assassiné en 2005. Cette rue faisait partie du plan Ottoman de modernisation de Beyrouth qui prévoyait alors la démolition de vieilles bâtisses et souks et le percement de grandes avenues selon l’architecte Gibran Yacoub. Ce jardin offre sous ses deux énormes ficus des bancs pour admirer sur la surface miroitante de sa fontaine, la réflexion des anciennes constructions environnantes.

 



3. Suivez la Rue Weygand. À droite se trouve la Rue Foch, une des rues percées durant la première guerre. Ici, vous êtes entre la Mosquée Emir Mansour Assaf (qui ne se visite pas) aux coupoles blanches à gauche et le bâtiment de la Municipalité à droite. La mosquée date du 16ème siècle et elle est appelée aussi Mosquée Bab el Seraya. Le bâtiment monumental de la Municipalité dont vous pourrez admirer la façade, a été construit en 1927 dans le style néo-mauresque.

 



4. Traversez la rue Weygand et remontez la rue qui mène à la Place de l’étoile. La Grande Mosquée El-Omari et son jardin sont à votre droite. Retrouvez son entrée principale qui se trouve sous les portiques. Elle est ouverte au public tous les jours, cependant évitez les heures de prière. Des abayas sont disponibles à l’entrée pour les femmes. Déchaussez-vous et entrez dans son silence pour admirer sa belle architecture. Cet édifice de style roman était la cathédrale Saint Jean- Baptiste des croisées construite au 12e siècle sur une ancienne mosquée. En 1291 les Mamelouks la transforment définitivement en Mosquée. A l’intérieur un mémorial de la tombe de la main du Prophète Yehia qui serait Saint Jean-Baptiste pour les chrétiens. Retour à la Place de l’Etoile. Elle date de l’époque du mandat français mais elle était auparavant une place publique de vieux souks. La belle tour horloge Abed date des années trente. L’architecture de cette belle place dégage une certaine harmonie.


 



La rue Maarad située à l’est faisait partie aussi du plan Ottoman de la modernisation de Beyrouth. Les portiques de la rue et la Place datent de l’époque du Mandat français. Deux cathédrales donnent sur la Place ; la Cathédrale Saint Elie des Grecs Catholiques et la Cathérale Saint Georges des Grecs Orthodoxes, qui est la plus ancienne de Beyrouth. Les fouilles archéologiques sous la cathédrale ont révélé des niveaux différents de l’histoire de la capitale. Entrez et admirez les peintures murales anciennes et modernes sans oublier de visiter sa crypte-musée. La Cathédrale est ouverte du mardi à samedi de 9h15 à 20h00. Le Dimanche de 9h00 à 12h00 et de 15h00 à 20h00. Elle ferme les lundis.

 



5. Remontez la rue Maarad et tournez à droite pour rejoindre la Place Riad el Solh, appelée ainsi en 1957 quand la place reçut la statue du premier ministre de l’indépendance. Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, elle fut un espace urbain modernisé appelé Place Assour et dotée d’une fontaine en marbre en l’honneur du vingt-cinquième anniversaire de l’accession au trône du Sultan Abdel Hamid II. Cette fontaine appelée Hamidié se trouve aujourd’hui dans le jardin Sanayeh ou jardin René Moawad.

 



6. Tournez à droite, et longez la Rue Riad el Solh ou Rue des Banques, qui était l’ancien Souk el Najjadin. Elle vous mène aux bains romains. Du haut d’une colline, le Grand Serail, la tour horloge et l’ancien hôpital Ottoman dominent le site archéologique des bains romains. Durant les années 1830, le contingent militaire égyptien occupe la colline pour sa situation stratégique. Plus tard les Ottomans reprendront le contrôle de la région et y installeront une base militaire qui deviendra le Grand Serail de Beyrouth. En 1865, un hôpital fut construit tout près. Il est occupé aujourd’hui par le Conseil de Développement et de Reconstruction. La tour horloge fut construite à l’occasion de l’anniversaire du Sultan Ottoman Abdel Hamid II. Un escalier monumental vous mène à droite pour visiter l’église Saint Louis des Capucins, construite durant la période ottomane. Descendez à droite vers la Place Bab Idriss où 18 sculptures en basalte évoquent un groupe de personnes à l’époque romaine se dirigeant à l’hippodrome qui se situait un peu plus loin.

 



7. Promenez-vous dans Beirut Souks et profitez de la conception moderne des vieux souks de la capitale qui ont gardé leurs anciens noms. Au fond, se trouve la Place Ajami et la belle façade ocre de l’Immeuble de l’Orient construit dans les années vingt et contraste merveilleusement avec l’architecture moderne des Souks et le bâtiment de Zaha Hadid, en cours de construction, qui abritera un grand magasin. Il porte le nom d’un ancien journal et ses stigmates rappellent l’absurdité de la guerre civile. Un peu plus loin à droite, un espace ouvert fut aménagé ; c’est la Place Khan Antoun Bey qui fut un caravansérail situé aux abords de l’ancien port et qui dans la deuxième moitié du 19ème siècle comprenait les commerces des marchands, les agences maritimes et les consulats. La belle mosquée Al-Majidiyyeh, au minaret élancé donnant sur la place, date de 1844. Elle fut à l’origine une impressionnante forteresse et servait aussi d’entrepôt.


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SUR LA RUE DE DAMAS
Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, une route carrossable fut construite reliant Beyrouth à Damas ce qui permettra l’extension de la ville extra-muros. Longez la rue en voiture ou à pied.
Des cimetières plus élevés que le niveau de la route attirent votre attention. Ils furent déplacés à la même époque. Aujourd’hui au Cimetière Protestant Français de Beyrouth un jardin calme est ouvert au public tous les jours de 8h00m à 15h00. Sauf le dimanche.
Pour vous informer contacter le Pasteur Pierre Lacoste :
+961 78 862 140. 

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Merci à Camille Tarazi de nous avoir mis à disposition les images pour illustrer cet itinéraire.

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