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Edito AC 575 : Charif Majdalani

27/12/2018

(Photo : © Raha Askarizadeh)

 

Le mot ‘culture’ est souvent utilisé pour désigner le savoir individuel, les connaissances diverses et accumulées par tout un chacun et qu’un proverbe ironique compare à la confiture (‘moins on en a plus on l’étale’).

Or à la vérité, la culture est d’abord et surtout un concept de la sociologie qui désigne l’ensemble des traits qui caractérisent une communauté humaine et les diverses manières qu’elle a adoptées pour vivre dans le monde, pour concevoir la transcendance ou pour affronter la mort. Prises dans ce sens, les cultures humaines ne pensent toutefois pas le monde et ne se pensent pas elles-mêmes.

Ce qui les pensent, ce sont la philosophie, la littérature et les diverses pratiques artistiques, du théâtre à la peinture en passant par la photographie, la musique et le cinéma. Cela est le cas depuis des millénaires. Sauf qu’aujourd’hui, au cœur des conceptions du tout-économique et du tout technique qui régissent les comportements de notre temps, il est un terrible cliché qui veut que tout soit désormais quantifiable, mesurable, et que le monde est habitable simplement parce qu’on a compris comment il fonctionnait afin de pouvoir y consommer, y spéculer et éventuellement s’y enrichir de biens matériels.

Cette conception de la vie, qui ne s’appuie que sur l’idée de compétitivité et de performance, oublie que tout savoir scientifique, que toute entreprise humaine destinée à permettre de vivre, de bâtir ou de mieux être ne peuvent être salutaires que s’ils s’appuient sur une visée éthique, sur un sens du devenir global de l’homme et de son destin.

Or ce qui permet de penser le monde et de formuler une éthique pour y vivre, ce qui permet de donner sens à nos entreprises, de comprendre notre rapport à nous-mêmes, à l’autre et à la transcendance, d’être capable d’une réinterprétation rationnelle de l’Histoire, ce sont, encore et toujours, la philosophie, la littérature et toutes les pratiques d’expression artistiques. 

Charif Majdalani
Romancier, professeur à l’Université Saint-Joseph, président de la Maison Internationale des Écrivains à Beyrouth

 

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