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‘Matloubin’, quand le 3e âge fait des siennes

10/01/2019|Nayla Rached


Après avoir écrit ‘Blind Intersection’, ‘Single Married Divorced’ 1 et 2, Nibal Arakji écrit ‘Matloubin’, qu’elle réalise également. ‘Matloubin’ c’est l’histoire de quatre amis du 3e âge et leur périple dans les rues du Liban. 

Nibal Arakji s’est lancé dans le cinéma par la grande porte en écrivant le magnifique et poignant film ‘Ossit Sawani’, ‘Blind Intersection’, en 2012, réalisé par Lara Saba, avant de passer à un registre comique, avec ‘Single Married Divorced’ 1 et 2, ‘Yalla aabelkoun’ et ‘Yalla aabelkoun Chabeb’ dans leur titre arabe, réalisés respectivement par Elie Khalifé et Shady Hanna. Pour ‘Matloubin’, ‘Wanted’, elle ne se contente pas seulement d’écrire l’histoire, et d’en être la productrice, comme pour les précédents films, elle coiffe également, et pour la première fois, la casquette de réalisatrice. 
D’emblée ‘Matloubin’ intrigue et attire par le sujet qu’il traite : la vieillesse, un sujet rarement abordé au cinéma, si l’on exclut la pépite cinématographique qu’est ‘Good morning’, loin d’y voir là une quelconque comparaison, de par la manière même dont le sujet est abordé. 

L’histoire de ‘Matloubin’ gravite donc autour des personnes du 3e âge, laissées seules face à leur solitude dans les maisons de repos. Et le spectateur fait la connaissance des quatre protagonistes Jacko, Daad, Walid et Adib ; quatre personnages haut en couleurs, chacun à sa manière. Pour Daad, c’est l’exubérance, le foisonnement de la parole et des gestes ; pour Jacko, c’est la retenue, le regard limpide et la profondeur du silence ; pour Walid, c’est la blessure de la solitude et la tendresse du père et du grand-père ; pour Adib, c’est la joie de vivre, le rêve et le donjuanisme. Au sein de la maison de repos, où se meuvent d’autres personnages, d’autres vieux et vieilles qui se croisent au détour d’une partie de bingo ou d’un anniversaire, Daad, Jacko Walid et Adib nouent des liens d’amitié plus fort. 
Chacun de ces quatre amis, à sa manière, est touchant dans son humanisme, dans sa solitude, surtout Jacko et Walid, campés par Siham Haddad et Georges Abou Khalil, deux visages inconnus de la caméra, et qui, peut-être pour cette raison-là, sont d’une poignante authenticité dans l’approche de leur personnage. Les personnages de Daad et Adib sont plus caricaturaux, plus bigarrés, plus cocasses, campés par Daad Rizk, connue pour ses apparitions publicitaires, et l’acteur Georges Diab. 

La vie se passe plus ou moins tranquillement dans la maison de repos, sous la poigne austère et cupide de la directrice, Madame Amar, interprétée par une magistrale Aida Sabra, plus préoccupée par le gain de l’argent que du bien-être de ses patients. Heureusement que l’infirmier Karim (Pierre Rabbat) et l’infirmière Zeina (Josyane Boulos) sont là, pour rendre la vie plus agréable. 
La situation se corse quand Jacko reçoit une lettre l’informant que la tombe de son mari va être détruite car un centre commercial va être construit à la place. Les quatre compères décident de s’échapper de l’établissement pour empêcher que le projet ne soit accompli. Et l’aventure commence. Leur périple les mènera d’endroit en endroit, comme dans un road movie, où priment la comédie et les situations loufoques. Et leur histoire deviendra une affaire d’opinion publique où les vidéos en temps réel et les "likes" sur le Net sont capables d’engendrer des manifestations. Avec la participation de Dory Samrabi, Wissam Saliba, Badih Abou Chacra, Tony Baroud, Diana Fakhoury, Ali Meimné, Lina Abiad et l’invitée d’honneur, Myriam Klink. 

"Il s’agit d’une comédie légère et d’un film humaniste sur les personnes âgées", dit la réalisatrice Nibal Arakji. "Ce film nous montre, à travers le regard des plus âgés, que l’humain est le plus important, et qu’il faut rester soudés avec nos amis et familles. C’est un film sur la nécessité d’aimer et d’être aimés, de travailler dur pour obtenir ce en quoi on croit et d’être en phase avec nos principes et nos valeurs".
‘Matloubin’ table essentiellement sur le côté comique, quitte à rompre même la trame narrative, la logique, le côté plausible ou tout autre fil de l’histoire. Il enchaîne les situations drôles, comme des apartés cocasses insérés les uns à la suite des autres, entrecoupés parfois de dorures humaines, dans l’objectif d’émouvoir et d’attirer le spectateur. Au-delà de l’apparence première, il n’y a rien de profondément libanais dans ‘Matloubin’, une comédie qui se veut hollywoodienne, avec les codes clés du genre.

Pour conclure, le sujet est humainement intéressant et inédit au cinéma : les personnes du 3e âge délaissées dans leur solitude et leurs émotions de vulnérabilité. 


 

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