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Le Liban fait son cirque

Scènes

10/01/2022|Emma Moschkowitz

Après 69 pays parcourus pour apprendre le cirque et après avoir fondé Urban Circus International en 2012 à New York, c’est au Liban que Seanna Kaleesa arrive en 2014 avec l’ambition d’y implémenter les arts circassiens. Malgré les réticences, elle commence à proposer des cours et des formations professionnelles et s’impose peu à peu sur la scène artistique libanaise. 

 

Le parcours de Seanna Kaleesa et de sa compagnie de cirque est d’autant plus glorieux qu’il a été semé d’embûches. Avant elle, le Liban ne disposait d’aucune initiative relative au cirque et l’avis local était plutôt mitigé quant au développement d’une telle scène. Plus qu’une méfiance, c’est parfois à une réelle violence que Seanna et ses producteurs ont été confrontés. Alors, c’est pour pouvoir s’installer durablement et calmement au pays du Cèdre que Seanna a décidé de déménager dans un petit village des montagnes libanaises. Là, elle commence à travailler avec des chevaux, qui deviennent partie intégrante de ses chorégraphies. A travers ses workshops (https://www.freelifefestival.com), elle crée une nouvelle génération de circassiens, formés professionnellement. Par ailleurs, un accent tout particulier est donné à l’enseignement aux enfants. Celui-ci est, depuis le début de la crise, proposé de façon gratuite aux jeunes qui viennent de milieux très défavorisés, parfois de camps, qui n’ont pas accès à l’école, afin de leur offrir une activité artistique mais également des cours d’écriture, de lecture et d’équitation. 

 

Au-delà du Liban, Urban Circus International s’est aussi imposé en Grèce et à New York (80% des circassiens new-yorkais sont désormais formés par la compagnie), où aucun programme certifiant n'existait au préalable. Urban Circus International a aussi diversifié ses activités et propose aujourd’hui des services de design graphique, d’immobilier, des produits de mode et des publications. Seanna Kaleesa y tient : l’entreprise promeut l’égalité des droits, des frontières ouvertes, des opportunités équivalentes pour tous les enfants, et ces convictions régissent son travail, et les partenaires de qui elle s’entoure. Seanna Kaleesa insiste, ce qu’elle préfère dans le cirque, c’est “le moment durant lequel les gens arrivent à remettre en question tout ce qu’ils ont toujours cru savoir sur l’impossible, et au Liban, cette reconsidération est d’autant plus importante que le quotidien semble dépasser les limites de l’acceptable un peu plus chaque jour”. “C’est ça, le cirque, une question de perceptions”, conclue-t-elle. 

 

Malheureusement, la crise sanitaire a fortement impacté les arts du cirque et notamment ses représentations théâtrales. Alors, pour contrer la tragédie, Urban Circus International s’est orienté vers la production de vidéos, permettant au public de continuer à avoir accès aux talents de la troupe. Le prochain spectacle live est prévu pour juin, et inclura une performance équestre, du tissu aérien, des ateliers de yoga et de permaculture. C’est la première fois qu’une représentation combinera toutes ces disciplines. L'événement aura lieu au Ranch à Kfar Hazir. 

(Photo : Thierry Van Biesen)

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