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DES FEMMES, DES HOMMES ET DU CŒUR: CAROLE NADER

Associations

RENCONTREASSOCIATION
03/03/2021|Caroline Torbey

Le tissu social du Liban a toujours été soutenu par des associations créées le plus souvent sur des initiatives personnelles et relevant du secteur privé. Dans ces moments où la solidarité est le maitre mot pour surmonter les grandes difficultés que traverse le pays, le rôle de ces femmes et de ces hommes est d’autant plus renforcé, important, admirable et tellement indispensable au quotidien. 

 

L’Agenda Culturel vous présente ces associations et les personnes qui leur donnent vie.

 

Silhouette longiligne, cheveux aux couleurs des blés et la mer se reflétant dans ses yeux, Carole Nader est « thérapeute de vie » et co-fondatrice de l’association « Happy Childhood Foundation ». Après une existence riche en évènements marquants qui ont forgé son déterminisme, je vous propose, à travers ce billet, de rencontrer cette femme au parcours brillant mais semé d’embuches et de découvrir sa vision de la résilience.

 

MORCEAU DE VIE

Animée par un altruisme constant et motivée par l’amour de l’Autre, Carole Nader rêve de devenir neurochirurgien pour enfants mais y renonce pour ne pas avoir à annoncer à des parents la mort de leurs enfants, l’ironie du sort se trouve dans les lignes plus bas…

 

Le 31 juillet 2009, sa vie bascule. Son fils Philippe, alors âgé de 11 ans, décède accidentellement. « C’est l’évènement le plus marquant et le plus anéantissant de toute mon existence», me confie Carole. Elle raconte s’être sentie complètement vidée, détruite, et au lieu de sombrer dans une torpeur infernale dont elle ne serait jamais sortie, elle fait le choix de prendre cette épreuve que lui impose la vie pour se reconstruire, pour se « remplir à nouveau » en décidant « quoi mettre dans mon nouveau-moi ». En d’autres termes, elle choisit l’amour plutôt que la haine, l’empathie plutôt que l’aigreur, le bonheur plutôt que la tristesse. « J’ai décidé que ma souffrance ne servirait pas à rien, je la mettrai donc au service des autres ». 

 

À peine relevée de cette épreuve, la vie lui fait un deuxième pied de nez. Le 28 août 2010, sa fille alors âgée de 16 ans à l’époque fait un grave accident qui la paralyse, avec un très mauvais pronostic de guérison. Voici qu’une nouvelle raison de se relever arrivait. « L’accident de ma fille m’a obligée à revenir à la vie, je devais me créer une énergie pour lui en donner et la pousser à se battre ». C’est alors que Carole à un déclic qui lui fait réaliser que ce n’est pas le temps qui arrange les choses, mais plutôt l’expérience. Elle puise une force incroyable en elle et se relève de ces deux épreuves qui lui ont tant apporté malgré leurs difficultés. C’est donc ainsi que naît, en 2010, la Happy Childhood Foundation, association qui a pour but d’apporter un soutien physique, psychologique, émotionnel, intellectuel et social pour les enfants les plus défavorisés.L’association a également pris en charge plus de 500 des 6000 blessés de l’explosion du 4 aout dernier et s’est occupée tant du suivi physique que psychique des victimes.

 

MOTTO DE VIE : LA RÉSILIENCE

La résilience est un mot bien familier chez nous, au Liban. On l’emploie àtort et à travers, tantôt pour glorifier la passivité avec laquelle les libanais subissent les coups de bâtons qui leurs sont donnés sans jamais se rebeller, tantôt pour louer leur faculté à se remettre des coups durs et à continuer à vivre comme si de rien n’était.

 

Pour Carole, à l’image de cet art japonais appelé le Kintsugi qui consiste à réparer un objet cassé en soulignant ses fissures avec de la véritable poudre en or au lieu d’essayer de les camoufler, la résilience est une succession d’évènements où les épreuves que nous vivons peuvent nous sublimer au lieu de nous briser. Pour atteindre la résilience, il faut d’abord encaisser le choc qui nous a tant détruit, traumatisé. Ensuite, il faut faire une démarcheproactive pour débuter un travail sur soi qui va donner un sens à ce qu’il s’est passé puisqu’au départ, rien n’a de sens. C’est le processus de réparation de soi. « Une fois qu’on a fini de seréparer soi-même, il faut voir à quoi toute cette souffrance va servir ». Pleurer toutes les larmes de son corps sans que cela serve à quoi que ce soit, il n’en est pas question.

 

La résilience est nécessaire pour une surmonter une épreuve difficile mais elle n’est pas nécessaire pour se reconstruire, la reconstruction passe par le fait de mettre à profit la souffrance endurée. Il faut passer de la souffrance individuelle à une idée d’utilité collective qui devra servir aux autres. La résiliencepasse automatiquement par un vecteur indispensable qui est l’amour et qui se déclineen trois phases : l’amour de soi « car il faut s’aimer assez pour considérer que l’on mérite d’aller mieux », l’amour de la vie «où l’on veut retrouver une normalité afin de fonctionner aussi normalement que possible » et enfin l’amour du prochain « afin de se mettre au service des autres ».

 

Pour suivre Carole Nader sur Instagram : @carolenaderlifetherapist

 

AIDER LA HAPPY CHILDHOOD FOUNDATION

 

NAME : Happy ChildhoodFoundation - Lebanon

Bank BEMO SAL

 

ACCOUNT # : 0215824

IBAN : LB43 0093 0000 0002 1582 4366 1USD

 

SWIFT : EUMOLBBE

IBAN : LB90 0093 0000 0035 0088 0366 1USD

 

Instagram : @happychildhoodfoundationlb

Email : laetitia.hatem@hcgn.org

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