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Confessions en temps de Corona : Georges Boustany

Confessions

RENCONTRE
19/03/2020

Dans ces moments inédits de confinement mondial, l’Agenda Culturel va à la rencontre d’artistes et d’acteurs culturels de la scène libanaise pour écouter leur ressenti en ces temps de Corona.

Georges Boustany : Écrivain, collectionneur de photos anciennes et propriétaire gérant de la plage Lazy B

 

 

Pensez-vous que cette situation va amener à un changement ? et si oui, comment ?

Le changement est déjà là ! Avec une activité économique à l’arrêt, la plupart des entreprises et les écoles fermées, on redécouvre la vie de famille et c’est déjà énorme. On se rend compte comme nous avons passé notre vie à courir, entre le travail, les obligations de toutes sortes, les responsabilités. On réalise qu’en réalité, on a oublié de vivre avec soi et avec ceux que nous aimons. Maintenant, le temps prend son temps, nous avons fermé le poing et la vie ne s’écoule plus aussi vite. Même la planète semble reprendre son souffle, l’air est plus pur, la pollution sous toutes ses formes a disparu, c’est hallucinant de constater à quelle vitesse et avec quelle joie la Terre est heureuse de se débarrasser de notre hyperactivité. Nous réalisons à quel point ce qu’on a appelé le progrès s’est fait aux dépens de la nature, de notre nature aussi, et comme toutes les valeurs auxquelles nous avons consacré notre existence n’étaient que vanité. C’est une période exaltante pour ceux qui savent cultiver leur jardin intérieur, et terrible pour les autres. Maintenant, est-ce que le changement va durer ? Je ne le pense pas, je crains qu’une fois vaincu le coronavirus, nous revenions bien vite à nos mauvaises habitudes. Je rêve que l’humanité entière décide désormais de s’accorder deux semaines de répit par an, comme celles que nous vivons. La preuve est faite que cela ne peut être que bénéfique.

 

De quoi est fait votre quotidien en temps de confinement ?

Vu mon activité saisonnière de plage qui reprend généralement en mai, j’ai l’habitude de la saison morte et mon quotidien est très bien meublé : je m’occupe des miens la plupart du temps. Pour le reste, c’est l’administration de ma page Facebook « La Guerre du Liban au jour le jour » (cinq ans déjà !), l’écriture de mes articles « La Carte du Tendre » pour L’Orient-Le Jour un samedi sur deux, et la recherche, le scannage et le classement de photos pour ma collection. Des activités qui, coronavirus ou pas, me retiennent chez moi une bonne partie de l’année. J’ajouterais que, vu la situation économique, je me suis récemment lancé dans un projet agricole histoire de joindre l’utile à l’agréable. Culture et agriculture sous un même toit, c’est une si bonne idée qu’on en a fait un ministère ! Et pour les longues soirées, il y a la famille, Netflix et WhatsApp.  

 

Des petits bonheurs simples d’une vie active, qu’est-ce qui vous manque le plus ?

Voir mes amis. J’ai toujours pensé « qu’on ne doit pas laisser pousser l’herbe sur le chemin de l’amitié » et cette réclusion n’est pas bonne pour les relations sociales. Faire de nouvelles connaissances, aussi. Mon métier étant précisément celui d’accueillir des visiteurs de toutes origines pour une journée de plage, j’espère que le confinement ne va pas s’éterniser. Nous sommes des êtres sociaux par définition et cette situation va à l’encontre de notre vocation. Le plus grand danger est dans la tête ; travailler et voir des gens atténuent l’angoisse existentielle. Je n’ose penser aux conséquences d’une trop longue quarantaine pour tous, les plus fragiles, moralement et financièrement, risquent d’y laisser des plumes. Et la base de notre civilisation n’a pas changé : il faut travailler pour vivre. On ne sait pas faire autrement.  

 

Qu’est-ce qui ne vous manque pas ?

Les courses, à tous les sens du terme. Les anglo-saxons disent « rat race », quelle image puissante ! La société de consommation. La dictature du jetable et de l’obsolescence. L’égoïsme. La peur de l’autre. La superficialité. Le manque d’empathie. La pollution. Les préoccupations vaines. 

 

Pour tromper l’ennui que suggérez-vous à nos lecteurs comme : 

LIVRE : « Miroir de nos peines » de Pierre Lemaître, qui clôt sa trilogie magistrale, et qui semble décrire la débâcle que nous vivons aujourd’hui. 

 

SERIE : Narcos pour apprécier notre quotidien tranquille à sa juste valeur. 

 

ŒUVRE MUSICALE : La B.O. de Home pour se souvenir qu’il faut prendre soin de notre planète.

 

SUR FACEBOOK : « La Guerre du Liban au jour le jour » pour comprendre les raisons et éviter la répétition du drame.

 

SUR LE NET : Le site du Metropolitan Opera de New York qui va diffuser gratuitement ses spectacles https://www.metopera.org/

 

APP A TELECHARGER SUR SON TELEPHONE : « NordVPN » afin d’accéder au fantastique programme d’une autre app, « France.TV ». Et, bien sûr, Twitter.

 

Un mot d’encouragement

Profitez-en ! Un petit virus invisible vient d’offrir à l’humanité entière des vacances inespérées. C’est le moment de vous reconnecter avec vous-même et ceux que vous aimez. Réorganiser votre vie. Retrouver les plaisirs simples. Réaliser qu’une vie bien remplie ne se résume pas à l’achat ou la possession du dernier modèle de portable. Cet ennui et ce temps libre sont un jardin en friche, il ne tient qu’à vous d’y semer les graines de votre bonheur. 

 

Vos projets : 

Je prépare la suite de mon ouvrage « Avant d’oublier », paru aux Éditions L’Orient-Le Jour et poursuis ma collection de photos anciennes, véritable mémoire populaire de la vie libanaise au XXème siècle, sans oublier la mise à jour quotidienne de ma page Facebook « La Guerre du Liban au jour le jour ».

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