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La Fondation Saradar : Pour la promotion de la culture et de l’éducation

01/01/2019|Nayla Rached

Avec pour mission la promotion de la culture, de l’art, de l’éducation et du sport, la Fondation Saradar, fondée en 2000, par la famille Saradar, œuvre à l’échelle nationale. Gros plan sur deux de ses projets phares portés par son école mobile. Suivons la caravane. 

C’est dès les années 60, que le père de Mario Saradar, Joe Saradar, président de la Banque Saradar, "qui était vraiment un précurseur, commence à lancer des activités parallèles de loisir au sein de la banque Saradar pour les collègues et leur famille, comme l’explique Tania Helou, Directeur général de la Fondation Saradar. Durant la guerre, il a commencé à soutenir certains collègues souffrant de difficultés financières, au niveau de la couverture médicale, dentaire ou des scolarités. D’où l’idée de monter un fonds, mais à l’époque, précise Tania, tout cela était informel, le concept de l’entreprise citoyenne n’était pas répandu ni connu sous cette forme". 
Au décès subit du père, quand Mario Saradar prend la relève, il décide d’institutionnaliser cette initiative, tant au niveau interne des collègues que pour soutenir des projets que des ONG entreprenaient au Liban. Une institution, indépendante de la Banque Saradar est ainsi créée en 2000 par la famille Saradar, la Fondation Saradar, une ONG à but non lucratif, déclarée d’intérêt public. Très rapidement, dès 2001, Mario Saradar se demande pourquoi, au lieu de soutenir des activités ponctuelles à travers d’autres associations, d’autres ONG, ne pas lancer des initiatives et des projets propres à la Fondation Saradar à l’échelle nationale ?

Et la caravane fut
A partir de 2001, la Fondation Saradar lance son premier projet : une campagne d’alphabétisation en informatique, grâce à une école mobile d’ordinateur. Avant d’entrer dans les détails du projet, signalons son outil, puisque ce dernier sera réutilisé et réadapté dans d’autres projets ultérieurs de la Fondation : la caravane, signe de mobilité. La caravane de la Fondation Saradar est équipée d’un réseau de 10 ordinateurs à écran plat, d’une imprimante laser, d’un projecteur LCD, d’un écran de projection, d’une connexion Internet wifi, d’un système de climatisation, d’une fontaine d’eau et d’autres accessoires utiles. Chaque école mobile est également dotée d’une rampe amovible pour faciliter l’accès des chaises roulantes et d’un logiciel spécial destiné aux malvoyants. La caravane fait 11m de long, 4 m de large et pèse dans les 4 tonnes. 
Au début du deuxième millénaire, au moment où l’information était encore à ses balbutiements, la Fondation Saradar, y voyant l’avenir, se rend compte que cet outil qui allait devenir incontournable était encore réservé aux nantis et surtout encore inaccessible aux régions éloignées de la capitale. Mais au lieu de demander aux habitants de ces villages de venir à Beyrouth, pour bénéficier de cours gratuits, c’est la caravane qui allait se rendre chez eux. Par cette mobilité de la connaissance, la Fondation Saradar vise à la fois plusieurs objectifs : permettre d’abord aux déplacés de rester dans leur village et encourager ainsi les régions rurales et périphériques à se développer à leur propre rythme, cibler ensuite les enfants, les femmes et les personnes vulnérables (handicapés, malvoyants, délinquants juvéniles, toxicomanes en réhabilitation). 
Durant 13 ans, de 2001 à 2013, le ‘Mobile Learning Program’ a couvert toutes les régions libanaises, de Beyrouth, au Mont-Liban, au nord, au sud. Il a permis la formation de 18 369 personnes, dont 65% de femmes et surtout l’embauche de certains bénéficiaires en tant qu’employés à plein temps ou comme stagiaires. "Le programme, ajoute Tania Helou, a permis également une réintégration sociale, politique, et humaine et a contribué à la coexistence pacifique entre les communautés". Et que d’histoires humaines à raconter ! 
"Quand on s’est rendu compte, poursuit-elle, que les besoins n’étaient plus là, Internet et la technologie s’étant largement répandus et devenus accessibles à tous, il était temps de prendre une pause, de réfléchir". Après un détour éco-environnemental qui n’a pas fait long feu, juste deux ans, vu le manque d’intérêt que le sujet suscite au Liban, même auprès des entreprises privées et des institutions académiques et scolaires, il fallait à nouveau repenser le concept de l’école mobile. 

L’art pour rassembler les Libanais
Depuis octobre 2018, la caravane est stationnée à l’école Jesus & Mary (Raboueh), et le sera jusqu’au 5 mars 2019, porteuse d’un nouveau projet mobile : ‘Traveling art’. "Cette initiative est née à partir de notre expérience ici même. Quand la Collection Saradar organisait des petites conférences internes pour le groupe, on s’est rendu compte que si nous adultes nous avions une méconnaissance presque totale de notre patrimoine artistique libanais, que serait-ce les enfants ?"
"L’idée de lancer un projet autour de la promotion du patrimoine artistique libanais était devenue encore plus urgente au vu de la situation générale du pays : la société disloquée, les clivages politiques, les difficultés économiques. La culture et l’art pourraient être ce ciment, ce point commun qui ramènerait les gens ensemble, surtout auprès de la nouvelle génération pour leur offrir un exemple positif du Liban dont elle pourrait être fière". 
Pendant deux ans, un comité d’experts et de curateurs de la Collection Saradar planche sur le développement d’un manuel pédagogiqueabordant différents sujets, ainsi qu’une brochure thématique. Le programme ‘Traveling Art’ s’articule autour de ce manuel qui est soutenu par une grande variété d’activités inédites qui se passent en classe, notamment grâce à une institutrice qui a été formée à cet effet, et dans la caravane qui est stationnée dans l’enceinte de l’école. "Les enfants attendent la recréation avec impatience et se ruent à la caravane pour s’adonner aux activités", affirme Tania Helou. C’est que le projet est axé sur des activités concrètes, ludiques, éducatives, interactives, participatives et pratiques à la fois.
Actuellement dans sa phase pilote, le projet ‘Traveling Art’ permet à 556 élèves, représentant 33 classes, de l’école Jesus & Mary de bénéficier d’un programme inédit d’initiation à l’art moderne et contemporain libanais. Et la caravane compte se déplacer d’une école à l’autre, dans le cadre des écoles privées dans une première phase, vu la facilité des procédures administratives, avant de se tourner vers les écoles publiques. Dans chaque école, des professeurs seront initiés au programme d’art libanais dispensé par la Fondation Saradar, pour assurer la durabilité du projet, une fois la caravane partie. Et le projet ne fait que commencer… 

 

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