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Le FIFOG célèbre la Connaissance et la Reconnaissance mutuelle

28/05/2024

La 19e édition du Festival International du Film Oriental de Genève (FIFOG) aura lieu du 10 au 16 juin 2024, à Genève. Après avoir célébré la Résistance en 2020 et l’Espoir en 2021, la Liberté…au féminin en 2022 et le Rêve en 2023, la nouvelle cuvée met à l’honneur la Connaissance et la Reconnaissance mutuelle.

Cette thématique ne se limite pas à un concept abstrait, mais valorise des œuvres cinématographiques invitant chacun à la connaissance et à la reconnaissance de soi et d'autrui, conditions essentielles du Vivre ensemble. Chaque film présenté constitue une invitation à passer « de l’état d’ignorance à la connaissance », pour ainsi paraphraser Aristote.

Placée sous le patronage de la Commission suisse pour l’UNESCO, cette nouvelle édition est présidée honorifiquement par l’écrivaine libanaise Joumana Haddad dont la plume ne cesse de plaider pour le rapprochement de l’Orient et de l’Occident dans un rapport de réciprocité et d’égalité.

Tahar Houchi, fondateur et directeur artistique du Fifog, nous en parle.


 

Pouvez-vous nous expliquer comment le thème de la Connaissance et de la Reconnaissance mutuelle a été choisi pour cette édition du FIFOG?

La réflexion est partie d’un constat simple, frappant et étonnant. La technologie de communication aidant, les humains n’ont jamais autant communiqué et accédé aux possibilités de la connaissance de l’autre. Paradoxalement, la reconnaissance de l’autre n’a jamais été autant malmenée. Alors que l’on s’attendait à une ouverture, on assiste tristement à un centrage égotique inquiétant. Les apparences prennent le dessus sur le fond. Ainsi la connaissance est devenue synonyme de l’ignorance de l’autre. Par conséquent, les vents des conflits, des rejets et des violences soufflent tellement fort que l’avenir de l’humanité se retrouve menacée. C’est dans ce sens que Michel De Montaigne nous invite à « voyager pour frotter et limer (notre) cervelle contre celle d’autrui. » Car cela est l’unique chemin qui mène à la connaissance, à la conscience et à l’élévation.

 

Sûrement, plusieurs esprits suivent cette voie, notamment les réalisateurs-trices, acompagné.es de professionnel.les, mais leurs voix restent peu audibles. C’est là que le FIFOG prend une posture d’amplificateur de ces idées et aspirations afin de multiplier les chances d’élévation, de connaissance et de reconnaissance mutuelle.

 

Quels critères utilisez-vous pour sélectionner les films qui reflètent le mieux les thèmes de la connaissance et de la reconnaissance mutuelle?

Naturellement, l’ambition du festival n’est pas uniquement de partager des idées, mais aussi d’exposer un cinéma de qualité et de révéler des talents. Il aspire à être une lucarne lumineuse sur l’Orient et un espace d’exposition pour les artistes. Il est aussi un espace de dialogue de l’Occident avec le monde du soleil levant. Dans ce sens, la pléthore de critères de sélection peuvent se résumer comme suit : la qualité artistique, le souci de parité et de représentativité géographique. Outre cela, les œuvres choisies répondent directement ou indirectement à la thématique de l’année. Enfin, nous tenons à l’équilibre entre réalisateurs.trices confirmé.es et jeunes talents.

 

Comment le FIFOG contribue-t-il à promouvoir le dialogue entre l'Orient et l'Occident à travers le cinéma?

Le dialogue a besoin d’un climat serein et bienveillant. Il a aussi besoin d’intelligence et de tolérance. Nous essayons de prêcher un discours répondant à des étapes nécessaires dans une démarche allant dans le sens du Vivre ensemble. On fait d’abord un effort pour aller vers l’autre. Le FIFOG offre cette opportunité, à travers des films. Ensuite, il y a lieu d’écouter et de comprendre l’Autre. Les débats qui suivent les films vont dans ce sens. Enfin, une fois la compréhension atteinte, en cas de différences, on stimule l’intelligence afin de réaliser une élévation favorisant la prise de conscience que les différences ne sont pas des raisons de destruction, mais des richesses et des opportunités à exploiter pour construire. Nous pensons que la répétition des éditions finit par contribuer à cet édifice de compréhension entre l’Orient et l’Occident, qui n’ont, sommes toutes, jamais cessé d’échanger. On tout cas, le FIFOG ne se lasse point de répéter inlassablement les mêmes choses, car cela est salutaire pour la paix, ainsi paraphraser la Bible.

 

Quels ont été les plus grands défis dans l'organisation d'un festival international dans le contexte actuel? Avez-vous dû apporter des modifications significatives par rapport aux années précédentes?

Comme chaque année, une édition est un scénario que l’on a dans la tête et à qui l’on doit donner corps et vie. Chaque année, le FIFOG fait face à moultes difficultés. Mais notre devise se résume en trois mots : appréciation de la situation, adaptation et le courage de prendre des risques. Ainsi, chaque édition a son cachet et son caractère. Abstraction faites des difficultés rencontrées, chaque édition a aussi ses joies, ses surprises et ses cadeaux qui nous font oublier le reste. Le sourire des festivaliers, à lui seul, mérite que l’on dépasse obstinément tous les obstacles et supporter patiemment toutes les peines. Dans ce sens, nous tenons à remercier la célébrissime et amie Joumana Haddad, et à travers elle tous.tes les artistes, dont le soutien indéfectible est très important ainsi que tous nos partenaires, sans qui cette 19ème aventure n’aurait été qu’un simple cliché dans nos esprits.


Pour le programme et pour en savoir plus, cliquez ici

 

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