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'Marcus et les siens'

14/05/2024

"Marcus et les siens" est la nouvelle pièce écrite et mise en scène par le Franco-Libanais Charif Ghattas. Cette œuvre plonge au cœur d'une histoire d'amitié, de famille, et de tribu. 

À la demande de Marcus, metteur en scène et directeur de théâtre, une troupe de comédiens se réunit pour la première fois depuis la perte de leur amie la plus chère. Cette tragédie a ébranlé leur famille artistique, provoquant des fractures profondes. Le retour des comédiens au théâtre est lourd de non-dits et de tensions.

La révélation imminente de Marcus pourrait bouleverser définitivement leur amitié. Les personnages se retrouvent alors confrontés à une situation qui les dépasse, à une réalité où la violence refait surface, menaçant de briser leurs certitudes et de mettre à l'épreuve leurs relations.

Cette pièce met en lumière les défis du deuil, de la réconciliation et du renouveau, tout en posant la question : comment fait-on face au surgissement de la violence qui menace nos valeurs les plus profondes?

 

 

Pouvez-vous nous parler d'un moment particulièrement mémorable ou difficile lors de la création de Marcus et les siens ? 

Marcus et les siens, c’est une véritable aventure artistique et humaine. Avec mes camarades, nous sommes passés par toutes sortes de péripéties et d’empêchements. Le souvenir qui me viendrait en mémoire immédiatement serait l’ajournement de la première dû à la pandémie, par deux fois, en 2020 puis de nouveau en 2021. Un vrai coup dur asséné au moral de l’équipe. Puis une fois l’orage passé, il faut trouver les ressources, le désir, et l’énergie de fédérer pour faire exister une pièce comme celle-ci. Mais la rencontre du public, ça n’a pas de prix. Et cela constituerait mon second souvenir immédiat, la création au festival off d’Avignon 2022, au théâtre des Carmes, lorsqu’on a constaté que les spectateurs étaient bouleversés par la pièce. Créer ce choc est une chose mémorable, oui.

 

 Comment décririez-vous votre processus créatif en tant qu'auteur et metteur en scène ? Est-ce que vous commencez par une idée, un personnage ou une situation ?

Je serais tenté de dire les trois, ou parfois l’un et parfois l’autre… Mais je pense qu’au-delà des personnages et des situations, très présents à mon esprit au demeurant, ce qui vient souvent déclencher l’écriture, c’est une image. La plupart du temps, c’est ça, le surgissement d’une image qui est quelque part dans la chronologie de ma pièce, dans la trajectoire des personnages qui l’habitent. Et c’est comme si je partais en chasse de ce « moment de l’image », avec les personnages, et leurs idées, dans la situation. Pour Marcus par exemple: une étreinte à un endroit précis du plateau, à un moment très précis de l’histoire. Cela a très souvent, et comme malgré moi, attrait aux corps et aux voix des personnages sur la scène. C’est comme ça, il ne faut pas trop chercher à se l’expliquer, mais essayer d’écrire à partir de cette image apparue. Et il y a déjà des sentiers de la mise en scène qui se dessinent là. 

 

Comment faites-vous pour équilibrer vos rôles d'auteur, acteur et de metteur en scène lors de la préparation d'un spectacle ?

Je ne joue pas systématiquement en plus d’écrire et de mettre en scène un spectacle. Mais vous savez, c’est comme le reste, c’est comme dans la vie. On équilibre les choses, on trouve la balance lorsque le désir est ardent, non? On nous remplit la tête de grands principes, de lignes rouges, on dresse des montagnes souvent… Surtout dans les domaines artistiques… Surtout au théâtre… « Si tu fais ci, gare à ne pas faire ça, autrement ci et ça risquent de s’effondrer ». Je ne crois pas beaucoup à ces théories. Je crois davantage que tout est possible à condition de s’être préparé, c’est tout. Se préparer, ça veut dire savoir s’entourer, savoir se faire confiance à des moments propices, et savoir s’interroger à d’autres. Surtout, j’évite de trop compartimenter, de tout rendre étanche entre les matières. Cela constitue une perte de temps et d’énergie. Il faut accepter que pour certaines personnes, ça vient comme un tout qui s’enrichît. 

 

Comment intégrez-vous les retours du public ou des critiques dans votre travail ? Est-ce que cela influence vos créations futures ?

Je suis attentif aux retours comme aux critiques, bien entendu, mais je n’en fais pas tout un plat. Souvent, un retour positif vient ôter un doute, le truc qui gratte encore hérité du chaos des répétitions. C’est salutaire. Et je dirais que c’est le même effet dans le sens opposé : Bien souvent, un retour ou une critique négatifs vient appuyer à un endroit dont on n’est pas complètement certain. Donc oui, les retours nourrissent toujours… Mais cela étant dit, il faut aussi compter qu’un artiste emprunte une voie qui lui est propre. Il poursuit une sorte de quête. Il a sa propre boussole, sa propre palette, ses propres instruments pour partir à la recherche de quelque chose qui l’obsède. Ecouter attentivement sans dévier pour autant me semble une attitude pertinente à adopter.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes auteurs ou metteurs en scène qui souhaitent se lancer dans le théâtre ?

Ecouter attentivement sans dévier, ça marche là encore…  Sans rire, c’est important d’avancer par soi-même parce qu’on veut trouver des nouveautés. Mais je suis un autodidacte, il n’y a rien d’étonnant par conséquent à ce que j’encourage les auteurs, les metteurs en scène et les comédiens à faire, encore et encore, à chercher toujours, une langue, une façon de s’exprimer qui soit personnelle. Mais si je devais donner un conseil dont je suis relativement sûr : faire preuve de ténacité. Je crois que c’est indispensable aux parcours à la marge.

 

Ne manquez pas cette pièce qui promet d'être une expérience théâtrale intense et émouvante.

 

"Marcus et les siens" sera jouée au Théâtre Le Monnot les 23, 24, 25, et 26 mai à 20h30. Les billets sont en vente chez Antoine ou au théâtre. Pour plus d'informations, appelez le 70626200.

 


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