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Beyrouth à travers l'objectif de Karim Sakr

31/05/2024|Garance Fontenette

Karim Sakr, à travers son exposition « @BEIRUT_STREETS », offre un regard authentique sur la ville de Beyrouth et ses habitants. L'Institut français du Liban lui a accordé une carte blanche dans le cadre du « Grand week-end du cinéma français », donnant ainsi au public une occasion unique de découvrir du 30 mai au 30 juin son univers photographique.




Connu pour ses images saisissantes des rues de Beyrouth et des régions libanaises, Karim Sakr capture des moments qui racontent l'histoire de son pays. Ses œuvres, choisies pour illustrer l'affiche de l'événement, reflètent la beauté et la complexité de la vie quotidienne au Liban.

L'artiste explique : « Dans cette exposition, j'ai choisi de présenter des photographies de rues, ainsi que des clichés mettant en valeur l'architecture et la cuisine locales. De plus, j'ai l'intention d'introduire des panoramas de Beyrouth pour illustrer de manière indirecte les divisions entre les quartiers. Par exemple, je vais mettre en avant la séparation entre Bourj Hammoud et Nabaa par un pont reliant Achrafiech à la cité industrielle. Au sud de ce pont se trouve Nabaa, un quartier principalement habité par des réfugiés et plutôt défavorisé. Tandis qu'au nord de ce pont se situe Bourj Hammoud, où réside principalement la communauté arménienne. J'ai décidé de présenter ces contrastes sous la forme de diptyques. »

 


Diplômé de l’Université Saint-Jopseh, Karim Sakr a traversé une période difficile au début de ses études en raison d'une perte importante de vision. Durant sa récupération, il a découvert sa passion pour la photographie. « Mes premières photos étaient prises dans les rues ou depuis une voiture, et c'est là que j'ai commencé à percevoir ces contrastes. En effectuant des recherches, j'ai réalisé que ces disparités ont émergé après la mise en place du Masterplan de 1954 pour Beyrouth. » partage-t-il.

Autodidacte dans l'âme, il a combiné ses études en biologie avec son apprentissage de la photographie, devenant freelance en 2013. « En 2018, j'ai pris la décision définitive de quitter le domaine de l'ingénierie, mais cela fait depuis 2015 que je me suis consacré à la photographie », explique-t-il. Il est également un guide urbain, partageant sa passion pour Beyrouth avec les visiteurs curieux.

Avec ses diptyques, Karim Sakr met en lumière les barrières physiques et symboliques qui divisent les quartiers de Beyrouth, offrant une réflexion profonde sur les implications sociales et historiques de l'urbanisme dans la ville. L'emplacement de l'Institut français, situé sur une ancienne ligne de démarcation de la guerre civile, ajoute une dimension supplémentaire à son travail soulignant les divisions historiques de la ville.

 



« Les routes et les grandes infrastructures qui auraient dû relier les communautés les ont éloignées par l’espace », souligne Karim. « C'est la première fois que je parle de ce sujet dans une exposition. On remarque que la ville n'est pas faite pour aller d'un quartier à l'autre. Ce sont des multitudes de sujets intéressants qui mettent en avant les différences communautaires et confessionnelles. »

@BEIRUT_STREETS plonge le spectateur dans les rues vibrantes de Beyrouth à travers l'objectif de Karim Sakr. Cette exposition offre bien plus que des images ; elle explore les histoires et les contrastes qui façonnent cette ville.

 

À savoir

Karim Sakr sera présent à l'Institut français du jeudi au dimanche de 15h à 21h pour rencontrer le public et discuter de son travail.

IG : @beirut_streets

Pour en savoir plus, cliquez ici


Crédits photos : Karim Sakr



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