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Annonce des lauréats de la quatrième édition de la Villa Al Qamar, programme de résidence des arts de l’Institut français du Liban

22/04/2024

La Villa Al Qamar
La Villa Al Qamar est le programme d'accueil de résidences artistiques de l'Institut français du Liban. Depuis sa première édition en 2021, la Villa propose un accompagnement sur-mesure à des artistes français en solo ou en duo avec des artistes libanais, de toutes disciplines, pour des séjours de 1 à 3 mois. Dans l’objectif de renforcer le dialogue interculturel entre la France et le Liban, les artistes sont invités à proposer des projets avec un ancrage territorial fort, grâce auxquels ils créent des liens féconds avec les habitants et les acteurs culturels et artistiques locaux. Lancé initialement dans le Chouf à Deir el Qamar, le programme s'est étendu dès 2022 au nord et au sud du Liban, à Tripoli et Saida. En 2024, le programme s’élargit encore et intègre Zahlé comme nouveau lieu d’accueil des résidences. Ainsi, cette extension du dispositif permet un travail de recherche et de création artistiques en lien avec une très large part du territoire pour questionner le Liban dans sa diversité. Depuis sa création, la Villa Al Qamar a accueilli 13 projets de résidence, qui ont été l’occasion d’échanges, de rencontres et de création avec les habitants, les artistes et les acteurs locaux libanais. Pour sa quatrième édition, sur la base de l’appel à candidatures lancé en janvier dernier, la Villa Al Qamar accueillera en 2024 cinq nouveaux lauréats invités à créer au plus proche des populations, à nouer des relations de travail avec les milieux artistiques, universitaires et culturels du Liban et à développer des dispositifs de médiation à destination des publics locaux. Pour ce faire, ils s’appuieront sur les différentes équipes de l’Institut français du Liban à Beyrouth, Deir El Qamar, Saida, Tripoli et Zahlé. La Villa Al Qamar prend en charge le transport international, la mise à disposition d’espaces de travail et de logements, une allocation de résidence mensuelle et les frais de production pour la réalisation des projets et des dispositifs de médiation avec le public. La Villa Al Qamar est soutenue par l’Institut français de Paris, City Car Rent A Car et par Air France.


NOUVEAU EN 2024

En 2024, pour la première fois, la Villa Al Qamar ouvre la possibilité aux candidat(e)s de réaliser une résidence itinérante, à la rencontre des différentes régions du Liban (2 à 3 villes pour une même résidence). Les candidat(e)s peuvent donc positionner leur projet soit sur un seul lieu (résidence localisée), soit sur deux ou trois lieux (résidence itinérante). Également en 2024, aura lieu la première résidence consacrée aux écritures contemporaines et à la littérature.


Annonce des projets lauréats

Pour l’année 2024, 76 dossiers ont été reçus, ce qui confirme une nouvelle fois l’intérêt que suscite le Liban sur la scène artistique française, malgré un contexte régional difficile. Le processus de sélection des lauréats de la quatrième édition de la Villa Al Qamar a eu lieu du 19 février au 15 mars. Après avoir procédé à l’examen des dossiers, la commission a auditionné 13 candidat(e)s et sélectionné cinq dossiers lauréats pour des résidences de 1 à 3 mois à la Villa Al Qamar :

- Chedly ATTALAH, « Ultraviolet », projet de création vidéo et de recherche autour de la figure des « kashshash » (éleveurs de pigeons) à Deir EL Qamar, Beyrouth et Tripoli / 2 mois - - -

- Benoît BILLOTTE, « Sur le seuil des horizons », projet d’installations et de recherche à Saida, mêlant artisanat, urbanisme et ornements / 2 mois

- Maya MOUAWAD et Cyril LAURIER, « Paysage sonore », projet de création numérique et sonore à Deir El Qamar / 5 semaines

- Frank SMITH, « L’Atlas des solidarités », projet d’écriture et de création vidéo à Deir El Qamar, Zahlé et Tripoli / 3 mois

- Barbara SYLVAIN et Caroline TABET, « Ne perdez pas des yeux le rosier sauvage », projet d’écriture théâtrale et de photographie sur la femme artisane à Deir El Qamar et Tripoli / 1 mois


La première résidence aura lieu à partir de juin 2024 et les suivantes s’enchaîneront jusqu’à décembre 2024.


Le processus de sélection

L’IFL a fait appel à des experts des scènes culturelles et artistiques libanaises et françaises pour présélectionner treize dossiers, du 19 au 29 février 2024.

- La Maison internationale des écrivains de Beyrouth

- Chloé Fricout, responsable du pôle Résidences de l’Institut français


Les porteurs des 13 projets présélectionnés ont été reçus en entretien du 7 au 14 mars par le jury suivant :

- Camille Brunel (Directrice déléguée Institut français dans la Bekaa)

- Mathieu Diez, attaché pour le livre et le débat d’idées à l’Institut français du Liban)

- Guillaume Duchemin (Directeur adjoint de l’Institut français du Liban)

- Emmanuel Khoury (Directeur délégué Institut français de Tripoli)

- Tiphaine Malfettes (Directrice déléguée Institut français de Deir El Qamar, coordinatrice du programme Villa Al Qamar)

- Isabelle Seigneur (Attachée culturelle, Institut français du Liban)



Dossier de presse I descriptif des projets


Sur le seuil des horizons, Benoît Billotte, juin-août 2024, Saida

Le projet Sur le seuil des horizons est une recherche à propos du croisement et de l’hybridation culturelle au Liban et plus précisément à Saïda au travers de différents registres : urbanisme, architecture, ornement, artisanat et flore. Il s’agit avant tout d’une observation sensible du territoire pour révéler une circulation des influences. Comment des formes de métissage, d’assimilation, de translation et d’interculturation peuvent se mettre en place au fur et à mesure du temps et s’exprimer dans une ville sous plein de formes. Tel un arpenteur ou un naturaliste urbain, je souhaite recueillir différents artefacts et vecteurs de ces croisements culturels, comme le coquillage murex (à l’origine de la couleur pourpre), la production de savon ou encore de soufflage de verre. Ce lexique de formes, de matières et de récits sera activé dans des installations mêlant production graphique et design d’objets.

Biographie

Travaillant et résidant entre Metz et Genève depuis 2009, Benoît Billotte participe à différentes expositions collectives et personnelles tant dans ces deux villes (Frac Lorraine, Centre Pompidou Metz, Centre d’art contemporain, Villa Bernasconi, Villa du Parc), qu’en France (Magasin à Grenoble, Frac Basse Normandie, Musée des Antiquités de Rouen) et en Suisse (Mudac de Lausanne, Swiss Arts Awards et Volta Show à Bâle, Kunsthaus Grenchen, Musée des Beaux Arts de la Chaux-de-Fonds), ou encore en Europe (Institut Suisse de Rome, Rotonde du Luxembourg). Il alterne une pratique en atelier et des périodes en résidence (Rome, Shanghai, Tétouan, Buenos Aires, Mexico).


Ultraviolet, Chedly Atallah, octobre-novembre 2024, Deir El Qamar, Beyrouth et Tripoli

Ultraviolet est un projet mêlant installation et vidéo, autour des histoires personnelles et collectives des kashshāsh et l’architecture imaginaire qu’ils tissent dans le ciel libanais. A la croisée des chemins entre la tradition ancestrale des lancers de pigeons et les récits intimes gravés dans la mémoire collective des conflits et des colonies alentour, le projet vise à cartographier un espace où le visible et l'invisible se rencontrent. C’est une ode à la complexité des histoires individuelles qui s’entremêlent dans le spectre de l’ultra, soit de l’au-delà, du loin et du par-delà. De l’autre côté du Liban, la Palestine. De l’autre côté du Liban, la Syrie. De l’autre côté du Liban, la Méditerranée.

Biographie

Chedly Atallah, né en 1991 à Tunis, est un artiste, architecte et scénographe qui vit et travaille à Paris. Après des études en architecture à Tunis (ENAU) puis à Paris (ENSAPLV), il intègre les Beaux-Arts de Paris où il tisse un fort lien avec l’artiste sculpteur Emmanuel Saulnier. Ils collaborent ensemble autour de divers projets tel que l'ouvrage Beyrouth In Situ. Sa pratique explore les changements géopolitiques du monde arabe de l’après-révolution. Mêlant vidéo, installations et sculptures, il questionne la mythologie contemporaine autour de l’actualité des guerres et des révoltes comme en Libye, en Syrie, en Palestine et au Liban. Dans un processus de fabrication d’images, il traite de deux notions essentielles qu’il tire des mémoires de son grand-père décédé : celles du dédoublement et de l’aveuglement. Son travail a été présenté en France (Le Cent Quatre, Beaux-Arts de Paris, La Maréchalerie, Galerie Thaddaeus Ropac...), en Italie, Colombie, Angleterre, République Tchèque et Tunisie.


Paysage sonore, Maya Mouawad et Cyril Laurier, juillet-août 2024, Deir El Qamar

Paysage sonore est une fusion de sons qui émergent et se façonnent dans un environnement immersif. Le cerveau trie les sons ambiants pour capter l'essentiel. Ce dispositif altère donc le paysage sonore environnant pour jouer avec notre perception de l'environnement. Il se déploie comme un paysage visuel en écho aux événements sonores. Notre ambition est de puiser dans l'essence même du Liban pour rencontrer ceux qui y vivent ou y sont revenus, afin de créer, partager, et laisser une empreinte en échange. Le paysage sonore devient ainsi une uchronie, une expression de cette vie alternative qui aurait pu être la nôtre.

Biographie

Mouawad Laurier est un duo d’artistes et d’ingénieurs. Cyril Laurier, compositeur, poursuit ses études académiques dans le domaine musical, obtenant un DEA à l'IRCAM suivi d'un doctorat en Intelligence Artificielle pour la musique à l’Université de Barcelone. Maya Mouawad explore diverses disciplines de l'expression visuelle et digitale, créant des algorithmes pour des interactions et des animations en 3D, pour le numérique et pour des installations interactives. Avec ses études de théâtre, elle aime aussi se concentrer sur le geste artistique et la scénographie. Après avoir collaboré avec plusieurs artistes via le collectif qu’ils ont fondé, Hand Coded, ils décident en 2017 de se consacrer pleinement à leur art, devenant des artistes environnementaux qui utilisent la technologie pour parler de la nature. Leur rapport précoce avec la technologie les amène à se questionner sur son sens, surtout lorsqu'elle est confrontée à la nature, qu'ils considèrent bien plus fascinante et mystérieuse.


L’Atlas des solidarités, Frank Smith, septembre-décembre 2024 Deir El Qamar, Zahlé et Tripoli

L’Atlas des solidarités est une plateforme poétique et visuelle dédiée aux actions et gestes solidaires du Liban aujourd’hui, une enquête itinérante pour interroger la notion de solidarité, à la fois dans sa dimension locale et selon un axe plus global en étudiant comment ce concept se « travaille » aujourd’hui et quelles formes il engendre, dans quels domaines et selon quelles pratiques. Ce projet cherchera à interroger la forme de l’atlas elle-même, ses contenus et ses modalités de publications, en recourant à l’écriture poétique, à la création d’images filmées, à des ateliers publics.

Biographie

Né en 1968, Frank Smith est écrivain, poète et réalisateur, vidéaste. Renouant avec la notion de « poésie civile » et de « cinéma de poésie » (Pasolini), il est le créateur du Bureau d’investigations poétiques depuis lequel il explore les rapports s’exerçant entre poésie, politique et image, dans des contextes de violence d’État et de violation des droits humains, au moyen de livres, de films, de performances et d’expositions... Longtemps producteur à France Culture, il a publié à ce jour une vingtaine de livres dont Guantanamo (Seuil, Paris, 2010, et Les Figues Press, Los Angeles, 2014) — élu meilleur livre de poésie aux États-Unis par The Huffington Post) — et réalisé une quinzaine de films et installations vidéo présentés dans des festivals et des centres d’art dans le monde. Un ouvrage monographique consacré à ses pratiques poétiques et filmiques, Frank Smith : Guérillas poétiques, sous la direction de Jean-Philippe Cazier, a paru aux éditions Plaine page à l’automne 2023. Dernière publication : Syrie, l’invention de la guerre (LansKine, 2023). Dernière réalisation : Le Film du 38e parallèle (56 min, 2023), consacré à la frontière intercoréenne et produit dans le cadre du programme « Résidence Sur Mesure + » de l’Institut français avec l’aide de l’Ambassade de France à Séoul, présenté au Centre Pompidou et présélectionné à Visions du réel 2024 (Nyon, Suisse).


Ne perdez pas des yeux le rosier sauvage, Barbara Sylvain et Caroline Tabet, octobre 2024, Deir El Qamar et Tripoli

Barbara Sylvain et Caroline Tabet veulent mener une investigation itinérante autour des pratiques artisanales et proposent d’aller à la rencontre de femmes artisanes en lien avec l’esprit et la tradition de leur région et de la nature environnante. Elles cherchent à mettre en lumière leurs diversités et leurs forces en abordant leurs parcours intimes et artisanaux au regard d’une situation géographique et écologique bien différente selon la région. Avec la conviction que le geste poétique peut engendrer une transformation intérieure et avoir des conséquences sur la manière d’appréhender le monde, elles souhaitent rendre hommage à la capacité de créer au-delà de la destruction car c’est finalement la seule forme de résistance.

Biographie

Barbara Sylvain, née en France, s’installe à Bruxelles en 1990 où elle vit et travaille. Après des études de droit international, elle change de cap et aborde le théâtre de mouvement (enseignement de Jacques Lecocq). Metteure en scène, comédienne et autrice, ses créations sont souvent à la croisée de l’enquête de terrain, de la fiction et de l’écriture de plateau. Nourrie par les échanges et les rencontres, elle cultive sa capacité de voir avec les yeux de l’autre et se plaît à partager le plateau avec des personnes qu'elle croise "dans la vraie vie » comme pour son spectacle Pater/partition entre une actrice et un amateur (nominé Meilleure découverte/prix du théâtre 2018). En 2010, elle fonde avec Lula Béry le collectif Oh my god. Caroline Tabet, née en 1974 à Beyrouth, est photographe et vidéaste. Ses séries photographiques explorent la relation entre le paysage urbain, les trajectoires humaines et les environnements naturels ainsi que les notions d’intimité, de mémoire et de perte. Une partie de son travail est basée sur la recherche de la matière organique en photographie, par l’utilisation de techniques expérimentales et de procédés d’impressions analogiques. Son travail a été présenté dans plusieurs expositions personnelles et collectives au Liban et à l’étranger (Kunsthaus Dresden, Deir El Qalaa, Beyrouth, Arles, Paris Capalbio).

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