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Rêve d’absolu, David Daoud

Art

Du 01/02/2022 à 17:00 jusqu'au 25/02/2022 à 17:00

L’exposition présente un ensemble d’oeuvres récentes – tableaux, sculptures et dessins – de l’artiste franco-libanais David Daoud. 

A savoir

Dans le cadre de l’épidémie de Covid-19, merci de prendre contact avec les lieux pour vérifier la programmation et les contraintes d’accès avant de vous déplacer - Du mardi au samedi de 11h à 19h.

 

 

“J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans” entend-on Baudelaire murmurer en déambulant dans l’atelier de David Daoud. Non, on n’a pas la berlue et on peut sourire au poète en lui disant que les souvenirs du peintre remontent à plus loin encore. La petite toile rose “Légende” est une illustration homérienne, homérique. Sur la droite du tableau, on croit voir Zeus : pas le dieu lubrique et volage qui a débarqué, déguisé en taureau, sur la côte phénicienne de Tyr pour ravir la princesse Europe mais le Zeus, dieu des dieux, revêtu de splendeur. Fait-il face à Adam et Eve? Qui sont-ils ceux-là qui mènent en barque les humains et qui leur servent de mât à défaut de boussole ? Qui sont les passagers ?

“Légende” est une généalogie de notre grande famille : on scrute ses silhouettes et ses visages, un peu passés, pour les identifier et essayer de les retrouver sur d’autres toiles afin d’extraire de la multitude quelques solitudes, quelques destins. 

Voici ce “Voyageur dans l’inconnu” qui a le regard rivé vers le passé. Il en côtoie d’autres qui sont eux sur un “Chemin tracé” ou au contraire “Cavalier errant”. Ce dernier rassemble tous les thèmes de prédilection du peintre : l’humain, l’animal, le végétal et le minéral dans une noce accomplie de l’homme avec la nature sous un ciel dont la pointe moutardée témoigne elle aussi de l’union de celui-ci avec le soleil. 

Voici “en suspension” et “la Chute” où Icare paye le prix de son hubris, de sa démesure. Voilà la “Femme pleurant son fils” et un peu plus loin “Rêves” où le fils est bien vivant. Ce sont là quelques figures christiques qui traversent, l’œuvre de David Daoud. Autoportraits de famille ? 

Jamais autant qu’en cette déambulation, les “Empreintes graphiques sur toile” de David Daoud, ne signalent et signent sa parenté avec les peintres des cavernes. On voudrait presque toucher les toiles afin de retrouver la sensation minérale des roches. Le ferait-on ?  On se retient, de peur de retrouver sa propre paume figée sur la toile.

Le voyage et la quête des personnages ne s’arrête jamais. Ils avancent de jour comme de nuit, transportant sur leur dos leurs nuits intérieures. Plusieurs “Paysages de nuit” témoignent de ce cheminement incessant. “Nuit Claire” et “Chemin vers les hauteurs” attestant d’une évolution : ces paysages nocturnes desquels la lumière n’est jamais absente sont le reflet d’une lumière intérieure que l’artiste n’ignore plus et qui explose dans “Séduction” en une flamboyante étreinte. Une lumière nouvelle éclaire le “Jardin romain”. Est-ce celle du pommier du jardin de Vétheuil où se situe le nouvel atelier ? Mystère. 

Entre confinement et déménagement, la palette de l’artiste s’est enrichie. Elle a gagné en espace et en profondeur. Les “Ames retrouvées” sont comme une réponse à une toile antérieure “Ames perdues”. David Daoud oscille entre parcours solitaires et ceux menés à deux ou collectivement “épaule contre épaule”. 

Fernando Pessoa disait : “la littérature est là pour quand la vie ne suffit pas”. Peut-on transposer, concernant David Daoud en disant :  la sculpture est là pour quand la peinture ne suffit pas?  Ses bronzes ont pourtant leur alter ego dans les toiles. Voici la “Figure baissée” qui évoque Sysiphe ramassant son rocher et voilà l’“Excursion” d’un couple qui erre à deux…

Flaubert rattachait la grandeur des “Portraits de Fayoum” au moment historique de leur réalisation. Il dit:“Les dieux n’étant plus et le Christ n’étant pas encore, il y a eu de Cicéron à Marc Aurèle un moment unique où l’homme seul a été”. Deux œuvres de David Daoud: l’une peinte “Portrait d’un brave” et l’autre sculptée “Portrait intemporel” résument-elles le voyage in-temporel entrepris par l’artiste à la recherche d’une plus grande liberté?  

 

Carla Yared             
 

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