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Walid Moussallem, entre philosophie et musique

L’Agenda Culturel a voulu rencontrer Walid Moussallem, ce personnage atypique de la scène littéraire et musicale libanaise. Est-il davantage ce professeur de philosophie occidentale contemporaine qui enseigne depuis 20 ans à l’Université libanaise, ou ce directeur depuis 12 ans de la section piano et membre du conseil d’administration du Conservatoire ? Rencontre.



Quelques minutes suffisent, et on est convaincu qu’il est les deux : ’’je me donne entièrement à ces deux activités qui constituent ma vie, le piano exige un travail quotidien et régulier sans lequel on ne saurait être un pianiste. Je me dois de signaler les nombreuses répétitions en vue des concerts que je donne au Liban et à l’étranger. Parallèlement, les longues heures de lecture et de recherches en philosophie viennent assouvir ma soif du savoir.
Walid Moussallem parle de son parcours académique avec nostalgie – de ses années parisiennes où il a obtenu son doctorat en philosophie de la Sorbonne et de son diplôme d’études supérieures du Conservatoire national de musique de Meudon. Ces deux filières, souligne-t-il, il a pu les suivre grâce à sa persévérance et sa passion. ’’Je pense souvent à ces deux élèves doués que j’ai eus et qui sont parvenus à jouer avec l’Orchestre philharmonique à l’âge de 14 et 12 ans, et qui n’ont pas eu ma chance et ont disparu du paysage musical, pour entreprendre l’un des études de biologie, l’autre d’architecture.’’

À la question de savoir s’il faut avoir suivi deux filières pour être un bon musicien, il répond : ’’Évidemment pas, mais sans une culture générale solide, il manquera au musicien ce complément d’âme qui lui est nécessaire, et cela se répercutera inéluctablement sur son jeu. La musique est exigeante. Peut-on jouer du Brahms, Schubert, Mahler ou Beethoven, sans connaître la période faste du romantisme allemand avec Goethe et Schiller ? Au Liban nous souffrons de ce manque d’environnement culturel dans lequel baignent les jeunes des pays européens. Si nous compensions ceci par une connaissance de la musique classique arabe, ce serait peut-être justifié, mais là non plus ce n’est pas le cas.’’ Nous voila tournés vers ce qu’il faudrait faire et ce que devrait être le rôle du Conservatoire.

Walid Moussallem convient parfaitement que les musiciens sont au service de la musique ; mais ils sont aussi au service de ceux qui les écoutent. ’’Les trois missions du Conservatoire sont d’enseigner la musique, de veiller à sa conservation, mais aussi de la promouvoir. Vaste programme qui devrait inciter le Conservatoire à s’ouvrir davantage au public, à fédérer tous les efforts des instituts supérieurs de musique, des écoles de musique, des nombreux mélomanes qui ne demandent qu’à être associés a cette mobilisation afin que la musique continue à être ce prétexte de rassemblement collectif, si naturel chez les Libanais à travers la fête, le chant et la danse.

On ne peut que souhaiter bonne chance à Walid Moussallem dans son ambition de développer la culture musicale libanaise pour notre bonheur à tous.

Emile Nasr

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