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Nadine Ghosn : ‘‘Les Libanais sont comme une petite communauté et j'aime cela’’



La diaspora est une richesse culturelle pour le Liban.
Faire connaitre certaines figures artistiques auprès du public libanais, c’est les attacher encore plus à la mère patrie.
L’Agenda Culturel rencontre certains de ces artistes, nés ou originaires du Liban, vivant au Brésil, en Colombie, au Canada, en France…
Quelle image ont-ils du Liban ? Comment intègrent-ils dans leur création à la fois leurs origines, leur vision actuelle relative à une autre société ?

Née aux États-Unis, d'origine libano-brésilienne, arrière-petite-fille de Bichara Ghosn, immigré au Brésil à l'âge de 13 ans et fille de Carlos Ghosn, industriel et, entre autres, PDG des groupes Renault et Nissan, Nadine Ghosn s'inspire de son riche passé multiculturel pour créer. Elle a passé sa vie à vivre entre Tokyo, Hong Kong, Paris et New York et utilise ses bijoux pour raconter les expériences, les souvenirs et les gens qu'elle a rencontrés et rencontre.
Après avoir obtenu un double diplôme en économie et en art à l'université de Stanford, Nadine a obtenu sa certification GIA et a travaillé dans le cabinet Boston Consulting Group et avec la Maison Hermès. Son parcours professionnel allie créativité et affaires. Aujourd'hui, elle dirige sa propre marque Nadine Ghosn Fine Jewelry.

Qu’est-ce que les cultures des Etats-Unis et du Brésil vous ont apporté ?
Je suis un mix de toutes ces cultures : américaine, brésilienne, libanaise, française et japonaise. Aucune d'entre elles ne me définit entièrement. Les États-Unis m'ont appris que tout est possible et réalisable. L'amour des Brésiliens pour la vie m'a influencée. Mon côté Libanaise m'a inculqué le sens de la famille et de la communauté. Française pour l'amour les choses raffinées, et le Japon - pour la nourriture évidemment, mais aussi la discipline et la minutie qu'ils emploient à chaque tâche qu'ils font.

Quelle image avez-vous du Liban et quelle place occupe-t-il dans votre processus de création ?
Plus j'en apprends sur la culture et les gens au Liban, plus ma vision du pays évolue. C'est une culture très riche et très créative. Les Libanais sont comme une petite communauté et j'aime cela, même si travailler avec eux peut être parfois difficile car leur vision des délais est très flexible.

La diaspora libanaise est le plus souvent intégrée, mais reste attachée au Liban, qu’en est-il pour vous ?
Produire au Liban a été la raison pour laquelle je me suis engagée dans les bijoux. L'artisanat est tellement sacré là-bas et pourtant si peu exploité. Comme je suis très pointilleuse aussi sur la production de mes pièces, je passe beaucoup de temps au Liban. J'ai depuis construit de nombreuses relations avec des jeunes créatifs du pays, des concepteurs, des photographes et des graphistes avec qui je travaille maintenant.

Parlez-nous de votre carrière.
Je prévois de travailler avec de grands artisans du monde entier ainsi que de jeunes artistes talentueux. Je veux toujours pousser les frontières dans l'industrie et avec mon équipe. J'encourage le dialogue et la communication avec tous ceux avec qui je travaille pour assurer des résultats innovants et riches.

Quel regard critique portez-vous sur la culture au Liban, notamment dans le domaine de la joaillerie ?
Il y a beaucoup de bijoutiers au Liban - ce qui est très positif. Cela fait travailler les artisans et leur offre la possibilité de continuer à utiliser leurs compétences qu'ils cultivent depuis des décennies.

Quelles sont les chantiers culturels que vous voudriez voir émerger au Liban ?
J'aimerais voir la créativité au Liban gagner encore plus de reconnaissance mondiale. Nous avons vu que cela a marché avec le mode et les vêtements. Maintenant, progressivement les bijoutiers aussi s'exportent de mieux en mieux.

Quand et pourquoi êtes-vous revenu la dernière fois au Liban ?
J'en reviens tout juste. J'y étais pendant deux semaines pour terminer ma deuxième collection. J'y ai travaillé avec des artisans, des designers et de jeunes photographes talentueux.

Parlez-vous l’arabe avec votre entourage ?
Je ne parle malheureusement pas l'arabe mais j'apprends petit à petit.

Aspirez-vous à revenir un jour vivre ‘’au pays’’ ?
Je viendrai toujours au Liban car c'est un très beau pays, mais je n'ai aucune idée où je finirai par vivre. Par contre, je ne dirai jamais non à un vieil appartement typique libanais dans le quartier de Mar Mikhael.

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