Soumaya Baalbaki, le 'bel canto' oriental

Ce samedi 4 juin, Soumaya Baalbaki se produira dans le cadre du Beirut Music & Art Festival. Au programme : 'Arabtango', son dernier album sorti sur le label Forward Music. Un projet qui s’inscrit dans le prolongement de sa carrière.

En 2008, Soumaya Baalbaki sort son album 'Arabtango' : neuf chansons du répertoire arabe sont reprises sur un beat tango, comme 'Ahwak' et 'Achanak ya amar' de Mohamad Abdel Wahhab, 'Dakhalti marra fi gineyna' de Midhat Assem... Le succès est presque immédiat. Et jusqu’à aujourd’hui, le public ne cesse d’en demander encore et encore.

Un métissage à l’image de la société
"Le public libanais aime le mélange entre l’Orient et l’Occident. Un mélange qui reflète la structure de notre société". Soumaya Baalbaki compte aller encore plus loin dans ce métissage, en introduisant des chansons du folklore libanais dans un nouvel arrangement, dans une nouvelle orchestration, que le public n’a pas encore entendu. "Peut-être une dabké avec des sonorités étranges ! Mais ce ne sera pas du tango", explique la chanteuse. Chanter le même répertoire ne risque-t-il pas de la lasser ? "Certes, avec le temps, l’envie de changer se fait sentir". Mais Soumaya Baalbaki n’a pas vraiment de crainte à ce sujet. Même en chantant toujours les mêmes morceaux, à chaque fois, elle ajoute une nouvelle touche, elle innove. "C’est comme une forêt. Chaque jour, on y découvre une nouvelle plante qui pousse. Il y a des artistes qui peuvent improviser dans la musique. Là se situe le point commun entre le jazz et l’improvisation orientale. C’est ce que faisait Oum Koulthoum. Comme de la broderie, comme une arabesque. Les arts arabes se ressemblent tellement, mais actuellement, hélas, on en a une autre conception".

Plus près de la nouvelle génération
Avec le temps, les gens s’éloignent de l’ancien répertoire arabe, du tarab, du traditionnel, du classique, du beau chant oriental. Un fait qui pousse Soumaya Baalbaki à vouloir militer pour garder cet art vivant et le rapprocher d’un public jeune. "C’est notre identité en tant qu’Arabes. Nous devons respecter notre tradition". Le meilleur moyen de le faire est de présenter le beau chant oriental dans un esprit différent, plus moderne, plus contemporain, que les gens, surtout les jeunes, pourront comprendre et avec lequel ils pourront s’identifier. Défi relevé : en présentant ‘Arabtango’ sur scène, Soumaya Baalbaki voit le regard des spectateurs s’illuminer, et c’est alors que qu’elle commence à gagner son combat de toujours.
De tout temps, cette idée la travaille, l’obsède presque. "Je me suis toujours dit que si moi je peux savourer la belle musique, qu’elle soit orientale ou occidentale, pourquoi est-ce que les autres ne peuvent pas en faire de même? C’est une question d’éducation. J’ai donc senti le besoin de jouer le rôle que mes parents ont joué". C’est que Soumaya Baalbaki a grandi dans une maison artistique, intellectuelle, où on n’écoutait que de la belle musique et rien que de la belle musique. Le reste était presque interdit, à l’instar de toute nourriture malsaine.

La recherche du beau
Dès cette enfance enrobée de beau, dès ses 6 à 7 ans, Soumaya Baalbaki fait entendre sa belle voix, sa seule arme qu’elle affûte en suivant des cours de chant oriental au conservatoire. "Mais la vraie école est le travail quotidien sur soi. Je vis vraiment dans la musique. Les répétitions sont pour moi comme de l’oxygène". Et le travail devient rapidement du plaisir, malgré les sacrifices et les efforts continuels que l’entretien de la voix impose. Et l’attention devient une habitude. Régime spécial, de longues heures de sommeil, repos de la voix, repos de l’esprit. Une fois sur scène, tous les regards sont braqués sur la chanteuse. Une grande responsabilité, par rapport à l’équipe, par rapport aux musiciens, et par rapport au public. "Les spectateurs sont venus pour avoir du plaisir, et nous sommes là pour leur procurer ce plaisir. L’art en soi est un plaisir". Et Soumaya Baalbaki tient à ce que l’ambiance reste détendue, décontractée, en établissant un contact avec ses musiciens, avec son auditoire. La distance entre la scène et la salle disparait. Le plaisir est décuplé.

Nayla Rached


A savoir
Soumaya Baalbaki partagera la scène du Beirut Music & Art Festival avec Natacha Atlas, le samedi 4 juin 2011 à 20h30. Elle sera également en concert au DRM le vendredi 24 juin 2011 à 22h00.

> Consultez le programme du Grand Stand du Beirut Art & Music Festival (BMAF)

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