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‘Un obus dans le cœur’, une incroyable performance de Grégori Baquet

La pièce de Wajdi Mouawad, ’Un obus dans le cœur’, devait initialement se jouer deux fois au théâtre Monnot. Mais face au succès rencontré, la toute jeune société ‘Persona Productions’, qui a fait venir la troupe du théâtre parisien des déchargeurs à Beyrouth, a décidé de jouer les prolongations. A raison. A la fin de la représentation, samedi, les spectateurs applaudissaient debout, les larmes aux yeux, l’incroyable prestation de Grégori Baquet.


‘‘C’était extraordinaire, cet acteur est super’’, ‘‘Je suis impressionnée par le jeu du comédien’’, ‘‘c’était généreux, c’était authentique’’, ‘‘le rôle a vraiment bien été épousé’’. A la sortie du théâtre, les réactions étaient aussi unanimes que les visages figés par l’émotion. ‘‘C’est la première fois que je réagis comme cela, précise Elissa, les yeux rouges et un mouchoir à la main, mais c’était très fort, j’ai beaucoup aimé’’. L’équipe de Persona Productions peut se féliciter : la toute jeune société de production, conduite d’une main de maître par Joëlle Naim-Zraick, a relevé son défi, pourtant osé, d’accueillir une équipe parisienne pour jouer du Wajdi Mouawad au Liban. ‘‘J’appréhendais terriblement, j’ai suivi le stress de Joëlle, on craignait la réaction du public libanais par rapport au texte, il aurait pu le refuser en bloc ou mettre une carapace pour éviter de revivre des souvenirs trop douloureux’’, raconte Gregori Baquet.

Résultat diamétralement opposé : dès les premières minutes de la pièce, l’audience, plongée dans le noir, buvait littéralement chaque parole du texte bouleversant du dramaturge et écrivain libanais. ‘‘A Paris, cela monte progressivement, mais ici, dès le début, quand je dis ‘ma mère disait qu’avant la guerre le pays était beau’, j’ai ressenti l’émotion du public, continue le comédien. L’écoute était incroyable, je me suis laissé porté, je n’avais plus ressenti cela au théâtre depuis au moins trente ans’’. Avec ‘Un Obus dans le cœur’, Wajdi Mouawad manie les mots avec génie pour raconter la renaissance de son héros, Wahab, un jeune Libanais de 19 ans. Un soir d’hiver rigoureux, réveillé par un coup de téléphone, il est appelé à se rendre au chevet de sa mère, agonisante. Son chemin vers l’hôpital sera celui de son accomplissement. Envahi par ses angoisses d’enfant marquées par ses souvenirs de la guerre civile, Wahab n’a d’autres choix que de confronter ses peurs pour enfin s’en libérer. Le texte brille par son efficacité, sa simplicité, sa poésie et son humour. Gregori Baquet, récompensé du Molière de la révélation masculine en 2014, propose une interprétation aussi percutante que spontanée.

‘‘C’était magnifique, plein d’émotions et voir les gens aussi chamboulés en sortant, c’est cela qui me donne l’élan pour avancer et aller plus loin’’, commente Joëlle Naïm-Zraick. Depuis qu’elle a lancé sa société de production à la fin de l’année 2014, l’ancienne enseignante de français au collège Notre-Dame de Nazareth, passionnée de théâtre et de la langue française, rencontre un franc succès. D’abord avec ‘Le porteur d’histoire’ en février dernier, puis dernièrement avec ‘Les cavaliers’ et ‘Un obus dans le cœur’. ‘‘Je fonctionne au coup de cœur, mon objectif, explique-t-elle, reste de soutenir la francophonie et de ramener les jeunes dans les salles de théâtre, d’effacer cette idée que le théâtre, c’est ennuyeux. C’est ma manière de lutter contre le fanatisme et la bêtise humaine’’. Joëlle Naim-Zraick voyage entre la France et le Liban pour sélectionner et mettre ses spectacles sur pied. Aujourd’hui, à la recherche de nouvelles pépites, elle promet de revenir d’ici à l’hiver prochain pour faire vibrer le public libanais.

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