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'That Part of Heaven' ou le deuil de la guerre

'That Part of Heaven' est le titre de la nouvelle performance qui aura lieu au théâtre al-Madina du 18 au 27 janvier. Omar Rajeh, directeur artistique du Maqamat Dance Theatre, répond à nos questions.


Autour de quoi tourne cette performance?
La performance met en lumière notre vie quotidienne 20 ans après la fin de la guerre civile au Liban ainsi que la manière dont des problèmes irrésolus ont alimenté une société psychologiquement opprimée et instable. La fin soudaine de la guerre civile sans la résolution publique des conflits et l’établissement d’une réconciliation nationale n’ont pas permis la fin des problèmes qui ont déclenché les violences en 1975. Il semble que les Libanais n’ont pas fait le deuil ni enterré leurs conflits.

Quelles difficultés avez-vous rencontré dans la chorégraphie ?
Le travail n’était pas facile en général, et je suis heureux d’avoir des interprètes aussi forts dans mon équipe. La chorégraphie est compliquée car elle ne dépend pas de la forme uniquement et comporte beaucoup de couches. Elle demande beaucoup de force physique ainsi qu’une expérience dans le maniement du corps, de la présence et de l’esprit. Il était important qu’elle n’imite pas la réalité et la reflète, mais qu’elle crée un résultat artistique propre à elle même à partir d’inspirations et de situations quotidiennes. Je suis très heureux du résultat et j’estime que cette expérience a eu un grand impact sur ma manière de travailler et de créer. J’ai découvert dans cette performance la qualité du mouvement et la force du physique, et j’aimerais faire plus de recherches dans cette direction et aller plus loin.

Pourquoi traiter des conséquences de la guerre civile ?

Je suis intéressé par l’observation du "corps humain" et sa manière d’imposer sa présence dans différentes circonstances de la vie. Je crois que ce sujet est permet de voir combien nos corps portent en eux des sentiments forts et intenses, des souvenirs et des images difficiles à oublier ou à surmonter. Sans une réconciliation avec nos corps, avec nous-mêmes et avec l’histoire, nous ne pourrons jamais vivre le présent et aller en deçà.

Combien de temps a pris la préparation de ce spectacle ?

Les répétitions ont débuté en juillet 2012, donc un peu moins de six mois.

Une table ronde suivra la performance. Qui sera de la partie ?

La table ronde est organisée en collaboration avec la librairie el-Bourj et aura lieu après la première uniquement. Nous sommes très heureux d’avoir invité d’excellents orateurs qui ont concentré leur travail et leur profession sur les conséquences de la guerre civile : le docteur Chawki Azouri, le professeur Antoine Messarra ainsi que madame Nayla Hachem. Nous apprécions énormément leur intérêt et leur présence parmi nous.

Vos chorégraphes préférés ?
Si on m’avait posé cette question il y’a quelques années, j’aurais eu peu de chorégraphes à l’esprit. Le seul nom qui me vient actuellement est Amin Maalouf. Je pense que sa manière d’écrire est aussi puissante et vivante qu’une performance de danse. Dans ce travail, j’ai énormément été inspiré par son livre 'Dérèglement du Monde', et après avoir lu son dernier ouvrage 'Les Désorientés', il m’a semblé très familier et semblable à la performance que j’ai créée.

Prochains projets ?
Après la fin des performances à Beyrouth, je me rends en Allemagne pour y présenter mon solo ‘Facing The Blank Page’ à Düsseldorf et Bonn. J’irai ensuite au Swiss Dance Days avant de rentrer à Beyrouth pour me concentrer sur Bipod 2013, qui sera une édition très spéciale. Nous prévoyons trois projets chorégraphiques pour cette année après Bipod, l’une avec un chorégraphe américain, la seconde avec un Suisse et la troisième avec un artiste visuel palestinien.

Propos recueillis par Grace Barmaki

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