Maya Zbib : ‘‘Le théâtre est une libération’’

Maya Zbib, metteur en scène, interprète, écrivaine et co-fondatrice de la compagnie de théâtre Zoukak, a été désignée pour énoncer son message à la journée mondiale du théâtre au Palais de l’Unesco à Paris le 27 mars 2018 à 19h30. Elle répond aux questions de l’Agenda Culturel.

Comment êtes-vous ‘tombée’ dans le théâtre ?
Dès ma petite enfance, je voulais faire de l’art : théâtre ou peinture. C’était pour moi une façon de m’exprimer. Dire des choses que je ne pouvais dire autrement que par l’expression artistique, m’affranchir des contraintes d’une société orientale oppressante pour les femmes. Finalement j’ai choisi le théâtre qui est un art complet : on peut y être acteur, écrivain, danseur, musicien.

Qu’est ce qui a motivé ce choix ?
C’est le hasard, car à l’université où je postulais, les examens des deux matières (théâtre et peinture) étaient programmés le même jour !

Quelle a été votre première expérience théâtrale ?
Tout d’abord à l’école, puis à l’université (à l’époque le BUC, aujourd’hui LAU) où j’ai participé à un grand nombre de productions théâtrales. Enfin, j’ai intégré l’Université libanaise en théâtre. Ma première expérience professionnelle comme actrice s’est déroulée en 2001 avec Lina Saneh et Rabih Mroué

Vous avez ensuite poursuivi votre formation à l’étranger ?
Oui, en 2006 je suis allée faire un Master à Londres. Et c’est là que j’ai vraiment approfondi ma connaissance de ce qu’est le théâtre, puis j’ai travaillé en Allemagne et aux Etats-Unis. Entretemps j’avais également acquis une expérience comme productrice de télévision

A quel moment êtes-vous passée d’actrice à metteur en scène ?
Les choses se passent assez naturellement dans le monde du théâtre. Cela fait partie de la culture théâtrale. Il n’y a pas vraiment de spécialisation. Il faut pouvoir monter un spectacle dans son entièreté. Il m’arrive bien sûr d’être plutôt écrivain, ou metteur en scène, ou actrice, ou le tout en même temps.

Quelle a été votre première pièce au Liban ?
Boite à musique, créée en 2008. C’est un solo que j’ai présenté en arabe, en français et en anglais, également dans de nombreux pays européens. Il s’agissait d’une vision féministe de la femme au foyer. De la force que peut donner une femme à ses enfants par son vécu.

Le théâtre est-il un combat ?
Peut-être pas exactement un combat, mais certainement un passeur de message. Une plateforme où l’on peut affirmer certaines choses et échanger avec le public. Il faut rester pertinent et à l’écoute et essayer de poser les bonnes questions.

Parlez-nous de l’aventure ‘Zoukak’ ?
Il s’agit d’un collectif théâtral fondé en 2006 et qui rassemble plusieurs acteurs et metteurs en scène. Le but de Zoukak est de créer une base pour professionnaliser le théâtre au Liban.

Vous représentez le Liban au siège de l’Unesco à Paris pour la journée mondiale du théâtre. Que ressentez-vous ?
Tout d’abord une grande surprise ! Je ne m’y attendais absolument pas et puis bien sûr c’est un honneur et une immense responsabilité.

Quels sont vos prochains projets ?
Un cycle sur l’amour, une résidence à Spoleto en Italie, un théâtre dans le quartier de la Quarantaine à Beyrouth que nous voulons faire vivre avec un programme pédagogique et beaucoup d’autres choses encore !

Propos recueillis par Zeina Saleh Kayali

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