Home Top (1440 x 150px)

’’Made in Lebanon’’, le vibrant hommage de Souraya Baghdadi

Avec son spectacle ’Made in Lebanon’, la chorégraphe libanaise Souraya Baghdadi se replonge dans l’univers des danses traditionnelles libanaises. Une représentation communicative, entre tradition et modernité, présentée à l’occasion de la Semaine du Liban à Paris.


L’entreprise s’annonçait périlleuse pour la chorégraphe Souraya Baghdadi. Clore trois jours de festivités dédiés au pays du Cèdre à Paris. Avec ’Made in Lebanon’, présenté le 30 septembre dans la mairie du XVIe arrondissement de la capitale, le contrat a été rempli.

Accompagnée de sept danseurs et quatre musiciens, Souraya Baghdadi entre en scène. La musique s’interrompt, pour mieux reprendre. Au rythme des instruments traditionnels, les corps s’animent, se déhanchent, recouvrent leur dimension esthétique, laissent filtrer expression et émotion. Drapée de son voile qu’elle agite dans les airs sur fond de qanoun, violon, luth et autres percussions, Souraya Baghdadi mène sa troupe. Une heure durant, la native de Beyrouth combine les éléments, propose un condensé de musique, de danse, de chant, de son et lumière: un cocktail détonnant. Son ’Made in Lebanon’ véritable ode au Liban, est une réinterprétation des danses folkloriques orientales traditionnelles.

Car la prestation de Souraya Baghdadi et de sa troupe est bien cela : un ancrage dans la plus ancienne tradition libanaise. Par le biais de danses retraçant l’histoire des pérégrinations des civilisations à travers le pays, les anciennes générations sont honorées. La diversité des ascendances culturelles - influences turques ou persanes en tête - se retrouve dans les mouvements, les costumes, les instruments, les chants entonnés. La dabké, folklore ancestral, qui invitait les villageois à se donner la main et se balancer au rythme des instruments d’accompagnement en battant la mesure à coups de pieds, fait l’objet d’un vibrant hommage. ’’On sous estime trop souvent la force de la tradition dans laquelle on peut puiser une force incroyable’’, souligne la metteuse en scène.

La danse orientale évolue constamment. Depuis la fin du XXe siècle de nouvelles tendances émergent. Celles d’une esthétique nouvelle du mouvement, d’une danse plus humaine et plus intime symbolisée par les envolées des danseuses orientales contemporaines. Souraya Baghdadi s’efforce de puiser dans ces influences pour insuffler à son œuvre une once de modernisme qui s’exprime au cœur du programme musical de ’Made in Lebanon’. Bien qu’inspirée majoritairement par une abondance de chants traditionnels libanais – Fayrouz en tête -, Souraya Baghdadi rappelle aussi l’importance jouée par les musiciens progressistes des années d’avant-guerre et notamment par les frères Rahbani, auteurs des célèbres réinterprétations des airs traditionnels d’opérettes.

’Le but du spectacle était de faire la fête, de traduire le partage, le fait d’être ensemble, de communier’’, explique la maîtresse de cérémonie. ’’En voyant toute cette chaleur, j’ai réalisé à quel point ce type d’événement pouvait être important, aussi bien pour la diaspora libanaise que pour nous’’. A observer la foule envoûtée par la prestation des danseuses et de leurs musiciens, celle-ci le lui a bien rendu.

De notre correspondant à Paris, Nicolas Feldmann

Articles Similaires

Article side1 (square shape or rectangular where the height is bigger than the width)
Article side2 (square shape or rectangular where the height is bigger than the width)