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Ghoula : "le Liban est une grande source d'inspiration"

Wael Jegham est un touche à tout : producteur, musicien, interprète, compositeur de musique de films ou pour le théâtre. Depuis peu, le Tunisien s'est aussi lancé sur scène sous le pseudonyme de Ghoula. Son album ‘Hlib el-Ghoula’, (lait d'ogresse) en tunisien, se réfère à un produit rare. Rare comme le sont ces vinyles que Wael Jegham est allé dénicher dans le Nord de l'Afrique pour créer ses compositions inattendues où se mêlent sonorités électro-pop et musique traditionnelles. Ce vendredi 9 décembre pour la deuxième soirée du festival Beirut & Beyond, l'artiste tunisien partagera la scène de Station avec la Libanaise Youmna Saba et le Marocain N3rdistan.

Après avoir touché à autant de domaines dans la musique, considériez-vous qu'il y avait une "maturité" à acquérir pour devenir Ghoula ?
En tant qu'ingénieur son en post-production, j’ai passé beaucoup de temps en studio devant l'ordinateur et les machines. Après avoir composé l'album ‘Hlib el-Ghoula’, le fait de monter un live à partir des titres enregistrés en studio a été une expérience à part entière, totalement différente du processus de composition et, pour moi, ce fut une première. Je ne sais pas s’il faut de la maturité pour ça, mais ce qui est sûr c’est qu’il faut se jeter à l’eau et accepter de se tromper, de se faire critiquer. Beaucoup de choses entrent en jeu car il faut tout simplement penser la musique autrement, sans qu'elle perde son identité et son âme. Et l’équilibre à trouver entre la musique en studio et le live est extrêmement délicat car il faut trouver une énergie qui parle au public sans pour autant sacrifier la complexité des compositions.

Ce concert sera-t-il votre premier au Liban en tant que Ghoula ?
Oui, ce sera la première fois pour Ghoula au Liban. J’avais dix-huit ans quand j'ai vu Zeid Hamdan pour la première fois au festival Découverte Tunisie 21 avec Soap Kills. Cette rencontre m'a beaucoup marqué car j'ai pu voir sur son ordinateur la première version du logiciel Propellerhead Reason, et observer comment il l'utilisait à l’époque. Tout ça pour dire que c'est un Libanais qui m'a donné indirectement l'envie de créer, et qui m'a ouvert les yeux sur le monde de la musique électronique. Donc forcément le Liban est une grande source d'inspiration pour moi. D'ailleurs, même si je ne connais pas Zeid Hamdan personnellement, je peux dire que c'est une icône de la musique contemporaine et qu'il est très connu en Tunisie. Il inspire beaucoup de gens.

Votre musique est très novatrice puisqu'elle mélange les tonalités traditionnelles d'Afrique du Nord (chaabi, raï, musiques berbères) à des sons électroniques. Y a-t-il une volonté de bousculer les codes ?
Justement c'est en ignorant ces codes que j'ai pu mélanger toute cette variété de styles musicaux. Quand je compose, en général, je ne fais pas de fixation sur les sons électroniques. C’est-à-dire que je fais des essais, parfois l’électronique rajoute quelque chose à la musique, parfois non, car il n'y a pas de règles. Il y a des samples qui marchent très bien avec l’électronique alors que d’autres sont très difficiles à mélanger. Si on prend par exemple le titre ‘Dawri’, j'ai essayé une multitude de sons électroniques sur ce morceau, mais au final j'en reviens toujours à la première version qui est composée de piano et de chant car c'est la plus minimaliste. Celle qui marche le mieux.

La plateforme Beirut & Beyond se donne pour mission d'accompagner et de promouvoir les artistes de la scène indépendante arabe. Comment se porte cette scène en Tunisie ?
La scène indépendante, que se soit en Tunisie ou ailleurs, est toujours un parcours difficile qui manque surtout d’encadrement. L’avantage en Tunisie c'est qu'après la révolution, il y a eu beaucoup de nouvelles productions et beaucoup de nouveaux talents. Les gens ont d’un seul coup eu envie de créer. De nouvelles structures, comme le label Shouka par exemple, essayent d'aider les musiciens tunisiens en les accompagnant dans le développement de leurs projets artistiques. La scène indé était déjà prolifique avant 2011, mais ce qui a beaucoup changé depuis et encouragé certaines initiatives, c’est essentiellement le regard nouveau porté par le monde sur la Tunisie.

> Consultez le programme du festival en cliquant ici

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