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Robert Matta, l’ami des arts et des lettres

Dans la grande tradition des mécènes, Robert Matta est à l’écoute des projets artistiques et culturels qui lui sont présentés, dans la mesure où ceux-ci valorisent la création libanaise. Par le biais de la fondation Robert Alfred Matta (RAM), il est sur tous les fronts : musique, arts plastiques, littérature, presse, sans compter l’éducation et la santé. Pour l’Agenda culturel, Robert Matta revient sur son parcours mais aussi sur celui de son père, Alfred Matta, grand entrepreneur, dont il vient de faire publier la biographie aux éditions de la Revue phénicienne sous la plume de Randa Sadaka.


Quelle est la genèse de l’ouvrage ‘Alfred Matta le bâtisseur’ ?
Je considère en toute objectivité que mon père a eu un parcours professionnel exceptionnel. Tout d’abord par sa longévité, 60 ans de carrière, et ensuite par l’envergure des projets qu’il a accomplis dans le paysage libanais et qui représentent l’essence même de l’infrastructure du pays. Je citerai entre autres le Ring, la Cité sportive, le Palais des postes… Tous ces bâtiments qui se construisaient dans les années 1950-1960 ont constitué le corps du Liban. Mon père a vécu tout cela avec une telle modestie que j’avais envie de lui redonner sa place, de lui rendre justice d’une certaine façon en mettant l’accent sur la qualité de son travail ainsi que sur son extraordinaire éthique professionnelle unanimement reconnue

En outre, Alfred Matta n’a jamais quitté le pays, quelque soient les circonstances. Pourtant Dieu m’est témoin qu’il a eu des possibilités extraordinaires de partir travailler dans les pays arabes ou ailleurs. Son credo était le Liban, toujours le Liban, sa passion était le Liban et il n’a voulu s’investir que dans notre pays, même si des ponts d’or lui ont été proposés à l’étranger, et que les projets y avaient une autre envergure !

Cet homme mérite que l’Etat libanais le décore !
Oui il le mérite absolument, dans la mesure où il y a un Etat libanais ! Nous avions fait une demande auprès de la Présidence de la République il y a deux ans, mais cela nous a été refusé aux motifs qu’il y avait trop d’ingénieurs ‘décorable’ ! Pour ma part, je pense sincèrement et encore une fois en toute objectivité que son parcours se détache quand même du lot.

En même temps que cette biographie, vous faites paraître le magazine, Pictoram. De quoi s’agit-il exactement ?
Pictoram est un magazine culturel et artistique qui va paraître annuellement . Le 1er numéro est sorti en décembre 2014 avec la collaboration de Randa Sadaka et Aida Kassab qui ont fait un travail remarquable.
Le but de cette publication est d’explorer le paysage artistique et culturel libanais et ceux qui le font, les passeurs de culture. Elle veut aussi faire savoir ce qui se passe sur la scène culturelle libanaise et chez les Libanais de l’étranger. Car à part l’Agenda culturel et certaines rubriques dans les quotidiens, on sait très peu ce qui se passe dans le pays, culturellement parlant. Nous n’avons pas une vision globale de la chose culturelle libanaise. Nous sommes à la merci du bon vouloir des journalistes qui couvrent tel ou tel événement selon leurs centres d’intérêt . Or il se passe énormément de choses. La scène est foisonnante et il existe un grand nombre de talents dont on ne parle pas et qui n’ont pas la visibilité qu’ils méritent.
Pictoram, outre le reflet de cette vie culturelle bouillonnante, est aussi une sorte de porte-parole de la fondation Robert Alfred Matta ( RAM) pour l’art et la culture.

Présentez-nous la fondation RAM
Créée en 2014, elle a pour but de promouvoir, soutenir et développer l’art et la culture au Liban et à l’étranger. Une de ses premières activités a été de soutenir la création mondiale de l’opéra oriental de chambre : Les Jardins d’Adonis du compositeur libanais Wassim Soubra. Cette première s’est tenue à l’Unesco à Paris, sous le haut patronage de l’ambassadeur du Liban auprès de l’Unesco le Professeur Khalil Karam et en partenariat avec le Festival international de Baalbeck. Puis l’œuvre a été donnée à Notre Dame de Jamhour avec le Centre du patrimoine musical libanais.

Parlez-nous justement de ce Centre du patrimoine musical libanais (CPML) fondé en 2012 et que vous avez choisi de soutenir. Pourquoi cette démarche ?
La culture des archives n’existe pas au Liban et vu l’importance des compositeurs et des interprètes libanais, en nombre et en qualité, au Liban et à l’étranger, il m’a paru très important de créer un espace pour rassembler conserver et valoriser ce patrimoine musical et aussi de le faire entendre, de le faire jouer. Le garder vivant. C’est une mémoire vivante et non une archive morte. Le but du CPML est aussi de faire connaître ce patrimoine musical tant au Liban qu’à l’étranger.
Le fait que le CPML soit logé au Collège Notre Dame de Jamhour a été aussi pour moi une motivation importante car grâce à la billetterie générée par les concerts du CPML, nous sommes en mesure de soutenir le fonds de bourses scolaires du Collège. Et au vu de la crise économique qui sévit, de plus en plus de familles ont hélas besoin de ces bourses scolaires.

Propos recueillis par Zeina Saleh Kayali

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