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‘Faces et rêveries’, voyage onirique de Mélodie Bou Rached et Christine Safieddine

Mélodie Safieddine et Christine Bou Rached sont deux jeunes artistes qui ont exposé dernièrement leurs créations, pour la première fois à Beyrouth, au Saifi Urban Gardens.

Mélodie est étudiante en deuxième année de psychologie à l’Université Saint-Joseph et crée des bijoux fantaisie depuis la fin du lycée. Christine est peintre et travaille actuellement comme graphiste après avoir suivi des études à l’Université libanaise des beaux-arts. Elles ne se connaissaient pas avant l’exposition qui s’est tenue au Saifi Urban Gardens, des bijoux colorés de Mélodie présentés aux côtés des portraits oniriques plus sombres de Christine qui invitent à un voyage dans les rêves.
Les deux jeunes créatrices se livrent à une interview croisée pour L’Agenda Culturel.

Parlez-nous de vos débuts.
Mélodie : J’ai commencé à créer des bijoux en 2008 en France. Je passais le bac alors que j’étais au régime : j’avais besoin de me défouler et de me déstresser. Ce sont des bijoux en forme de macarons, de bonbons et de gâteaux que j’ai réalisés avec de la pâte polymère, une sorte de pâte à modeler que l’on cuit au four.

Christine : Enfant, je dessinais très mal ! J’ai eu le déclic vers l’âge de 11 ans et j’ai commencé à dessiner partout. Plus tard, j’ai pris des leçons privées de peinture en parallèle à mes études de graphisme. C’est le mélange de ces deux disciplines qui font de moi ce que je suis.


Quels matériaux utilisez-vous ?
Mélodie : Je ne dessine pas, mais je crée directement. D’ailleurs je suis nulle en dessin ! J’utilise des perles, du bois, des pièces de métal. Je travaille beaucoup avec de la récupération comme par exemple des vieilles boucles d’oreille solitaires que je remonte en collier ou des briques de jus de fruits que je compte transformer en sacs.

Christine : J’utilise l’huile, le crayon mine et je travaille l’imprimé et les collages sur ordinateur. J’aime les dégradés de couleurs, surtout avec l’huile. Je peins toujours un fond foncé, puis j’éclaircis les visages de mes portraits.


D’où vous viennent vos inspirations, vos influences ?
Christine : Ma principale source d’inspiration reste l’être humain, ses expressions, ses souffrances et surtout ses aspirations. Mes peintures viennent toujours d’une expérience personnelle. J’essaye de mêler les influences de la peinture classique avec des idées et des techniques modernes. Je pense qu’on doit commencer par là. Les peintres qui m’ont influencée sont Léonard de Vinci et Rembrandt pour leur technique, et les artistes romantiques du XIXe siècle pour l’atmosphère, les couleurs et leur rupture avec le classicisme.


Vous connaissiez- vous avant l’exposition ?

Mélodie : Je ne connaissais pas le travail de Christine qui est très différent du mien. Ce n’est pas du tout le même état d’esprit. Mes créations sont beaucoup plus colorées.

Christine : Les bijoux de Mélodie donnent certes de la couleur et de la vie à mes peintures.

Présentez-nous une de vos créations.
Mélodie : Ces colliers ‘fioles’ sont les dernières créations que j’ai réalisées avant de quitter la France. J’avais rempli une petite fiole de sable et d’un petit papier où j’avais écrit mes vœux pour mon séjour au Liban et je l’ai montée en collier. C’était une bouteille à la mer avant le départ. Mais je l’ai perdue en voyageant ! Chaque bouteille contient quelque chose de différent, et les chaînes sont toutes uniques : il y a des perles, des paillettes, du sable coloré…
Ces fioles me rappellent 'Alice au pays des merveilles'. En fait, à l’origine, ce sont des petites fioles utilisées pour des expériences en chimie, pas du tout destinées à devenir des bijoux !

Christine : Cette peinture est la plus récente. C’est un mélange de classique et de surréalisme, un rêve perdu d’une femme qui se noie : elle le veut, mais une force intérieure tend à la sortir de l’eau, comme une sorte de prise de conscience qui la pousse à émerger. L’eau et les nuages sont une allusion au rêve et au néant.
Les personnages ne savent pas où ils sont mais ils cherchent à être quelque part. On veut devenir autre chose, mais on ne sait pas quoi. On est un peu comme ça au Liban, en permanence entre deux situations, sans issue. On est instable, toujours en alerte, pourtant, on aime vivre ici.

Propos recueillis par Margaux Bergey

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