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Collectif Rawiya. Vue de l’intérieur

Elles vivent en Iran, au Liban, à Jérusalem Est, en Palestine ou en Bosnie, et sont nées en Jordanie, au Koweït, à Beyrouth, en Iran ou aux Emirats arabes unis. Le Moyen-Orient est leur premier point commun, l’autre est la photographie. Qu’il s’agisse de cinq femmes n’a pas été étranger à l’idée de fonder Rawiya (Celle qui raconte une histoire), un collectif de photographie en plein élan.

Couverture régionale
Rawiya est né en 2009, lorsque l’une des photographes du futur collectif a lancé lors d’un dîner, comme une évidence, l’idée de créer quelque chose qui n’existait pas, un collectif de femmes photographes au Moyen-Orient. ’’Il arrive souvent que des rédactions étrangères envoient dans la région des reporters pour deux ou trois jours’’, explique Dalia Khamissy, basée au Liban, ’’comment comprendre une région, quel que soit le sujet du reportage en si peu de temps, quand on arrive d’ailleurs ?’’.
Dissiper les stéréotypes, fausser les perspectives exotiques, c’est un travail auquel contribue la composition même de Rawiya, car voir cinq femmes venues du Moyen-Orient s’associer pour faire de la photographie surprend encore, ’’il faut sans cesse répondre aux questions idiotes que l’on nous pose, toujours selon les mêmes clichés… et oui, même chez nous les femmes peuvent travailler, faut-il expliquer…’’ Pour ce faire, rien de mieux que la pratique donc, ’’du fait que nous venons des endroits sur lesquels nous travaillons, nous nous sentons pleinement légitimes e, jusqu’ici, les gens semblent nous faire confiance’’.

Faire grandir
Après un peu plus d’une année de maturation, le collectif a participé à sa première exposition, début mars à Derby, au Royaume-Uni, dans le cadre du programme Collectives Encounters, organisé par Photo-Festivals, lors du 11e Format Festival. L’occasion pour les photographes de mettre à l’épreuve leur vision et le fonctionnement du collectif. Sur le thème du ’Flâneur’, Rawiya se met en place. ’’Ca a été une bonne façon de confronter nos points de vue et chacune d’entre nous a proposé quelque chose de très différent’’. Après plusieurs discussions transfrontalières, les photographes décident de prendre le thème à contre-pied. ’’Nous avons voulu explorer les limites de la notion même de flânerie, dans un Moyen-Orient où la balade rêveuse n’est pas exactement un réflexe quotidien, c’est ce qui nous a semblé le plus intéressant’’. Des critiques plutôt encourageantes pour un début qui est encore assez loin de ce qu’elles imaginent proposer à l’avenir, ’’comme nous avons essayé de la faire là, nos idées vont plutôt du côté du reportage social’’.

A côté de leurs travaux respectifs, elles aimeraient mener à bien un projet du collectif chaque année, et les thèmes ne manquent pas en cette période mouvementée, le prochain devrait être décidé bientôt. Avec la variété de styles qui fait l’un de ses atouts, Rawiya a de la matière et, finalement, à travailler entre femmes du Moyen-Orient, il y a aussi des bons côtés ’’outre le fait que nous pouvons réfléchir à plusieurs, partager nos connaissances et renforcer par là nos pratiques personnelles, il y a une très grande curiosité pour la région ; reste à proposer de quoi la satisfaire’’.

Thomas Chikh

Rawiya est composé de Tamara Abdul Hadi, Laura Boushnak, Tanya Habjouqa, Dalia Khamissy et Newsha Tavakolian.
www.rawiya.net

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