Collectif Kahraba : Rendez-vous avec la lune et les voisins

Le Collectif Kahraba se fait connaître à travers ses spectacles ambulants qui s’adressent à toute la famille. Son dernier projet ‘Nehna wel amar wel jiran’ (Nous, la lune et les voisins) comprend plusieurs spectacles qui seront présentés sur les escaliers Vendôme à Mar Mikhael ainsi qu’à des endroits impromptus du quartier, du 1 au 3 septembre. Rencontre avec les membres de ce collectif qui a vu le jour il y quatre ans, Aurélien Zouki, Camille Brunel et Eric Deniaud.

Petit rappel pour ceux qui ne vous connaissent pas encore : qui est le Collectif Kahraba ?
Nous sommes une compagnie de théâtre regroupant des artistes d'horizons variés, engagée dans la vie artistique libanaise depuis quatre ans. Nous créons des spectacles, des événements et des rencontres en ayant comme priorité la mobilité (régionale et internationale), l’exploration de formes variées (théâtre, marionnettes, danse, écritures contemporaines, vidéo...) et la réalisation de moments artistiques conviviaux. Nous avons créé plusieurs spectacles : ‘Arabiyetna’, ‘Voix dans le Noir’, ‘Qu’on s’en souvienne mais qu’on ne le répète pas’, ‘AppleCrumble’, ‘Ken fi Asfour a Chagara’, ‘Sab’a w 7’, ‘Chrebt el Bahr w ma ntafa nari’. Nous collaborons de même avec les associations, les municipalités et les écoles pour développer, en marge de nos créations, des programmes pédagogiques destinés aux enfants et aux adultes. Nous organisons début septembre ‘Nehna wel Amar wel Jiran’, trois soirées artistiques en plein air, pour toute la famille.

Quelles réactions souhaitez-vous provoquer auprès du public ?

Des émotions ! Du rire, des larmes, de la peur, du désir, mais aussi de l'émerveillement, du plaisir, du questionnement… ‘Nehna wel Amar wel Jiran’ est un rendez-vous poétique et populaire, permettant aussi la découverte d'un quartier - les escaliers Vendôme -, et d'une programmation artistique originale élaborée en cohérence avec ses habitants. Chaque soirée est conçue comme une déambulation (avec spectacle, concert, happening) où le public est amené à se déplacer d'un toit à un balcon puis des escaliers à une cour … en fonction des propositions et des formes artistiques. La rue et toutes ses spécificités deviennent un territoire pour une poésie du réel. Tout cela risque d'être magique sous la bienveillance de la lune !

Est-ce difficile de satisfaire tous les âges à travers un même spectacle ?

Ce n'est pas un objectif en soi. Le spectateur "enfant" est un adulte en devenir et doit être pris au sérieux tout comme l'adulte qui reste éternellement un enfant ne doit pas être nié. Il est important pour nous de créer des occasions qui réunissent les différentes générations. C’est un bonheur de voir des parents, des grands-parents et leurs enfants se réjouir de vivre une expérience artistique commune. Les histoires que nous racontons et les formes artistiques que nous utilisons convoquent le public dans sa capacité à découvrir, à imaginer, à s'émerveiller, et c’est bien ce qui est commun à toutes les générations.
Nous essayons d'être le plus honnête possible dans ce que nous proposons aux spectateurs, en créant avec ce que nous sommes. C’est à partir de notre réel, l’architecture de notre quotidien, les matériaux et objets que nous récupérons tout au long de l’année, que notre imaginaire se met en route et que s’inventent nos histoires.

Vous proposez différentes formes artistiques dans vos spectacles. Combien de temps a pris la préparation de ce projet ?
Nous travaillons sur la conception du projet depuis un an. Il faut passer beaucoup de temps à se laisser rêver avant de se confronter à la réalité. Nous concrétisons ce rêve depuis deux mois, accompagnés par des musiciens et des chanteurs de talents, des manipulateurs, des marionnettistes et des comédiens, amateurs et professionnels, se mêlant aux voisins du quartier.
Ce sont des artistes mais aussi des techniciens et de "petites mains" extrêmement précieuses qui font des miracles.

De tous les pays que vous visitez, quel public préférez-vous ?

Nous avons tourné dans toutes les régions du Liban ainsi qu’en France, en Syrie, en Belgique, en Suisse ... Nous avons à chaque fois été reçus très chaleureusement. Les souvenirs les plus généreux sont des moments de rencontre avec le public dans certains villages du Liban- Sud ou dans les camps palestiniens ou même dans des quartiers populaires de Marseille. Les publics les plus difficiles ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

Propos recueillis par Grace Barmaki

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