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Quand les corps dansants transgressent l'écran

Visuel contant l’amour, la perte et l’impossibilité d’oublier, ‘And So do I’ de Jana Younes est un film de danse qui raconte l’histoire d’un père paranoïaque qui s’embarque dans une danse avec sa femme décédée. Sa fille est témoin de la scène.


‘‘La perte d’un être cher n’est facile pour personne. Le tourment peut se manifester de plusieurs manières, notamment par l’engourdissement, confie Jana Younes à l’Agenda Culturel. Ce que j’ai voulu mettre en mouvement dans ce film, c’est principalement la facilité à exprimer ses sentiments à travers le corporel’’, continue-t-elle. La jeune réalisatrice considère, en effet, que là où le verbal échoue, la danse triomphe et devient porteuse de message. Faisant part de son expérience personnelle, Jana Younes explique que son film constitue une célébration du pouvoir de communication avec les absents. ‘‘J’ai souvent eu du mal à exprimer un vide créé par l’absence de quelqu’un qui m’est cher, en me demandant si la personne à l’autre bout de mes pensées ressentait la même chose’’, précise-t-elle. Ceci se reflète clairement dans ‘And So do I’ où la mère, décédée, réussit à dire à son mari que lui aussi lui manquait. Il est à noter que le film a remporté jusqu’alors 3 prix : le Best Drama Short au Filmmatic Filmmaker of the year et au Director’s Circle Festival of Shorts ainsi que le Golden Award au Filmmaker of the Year Film Festival. Il est également nominé pour le prix du Best New Media au NewFilmmakers Los Angeles Awards qui aura lieu en mai 2017. La production et la réalisation de ce film n’auraient pu voir le jour sans le sérieux engagement de l’équipe qui travaille durement avec Jana Younes, à savoir ‘‘Genia Boustany, qui a assisté à la réalisation, Elie Kamal, cinématographe, Noël Paul, le génie de montage, sans oublier Me. Michel Khadige sans le support duquel, ‘And so do I’ n’aurait jamais existé, ce dernier ayant été entièrement filmé dans l’appartement de l’avocat’’.

Le ‘Dance Film, un concept nouveau introduit au Liban
D’après Jana Younes, alors même que le cinéma libanais reprend son vol, les films de danse demeurent niches et presque étranges. Le public libanais a du mal à comprendre qu’un ‘film de danse’ n’équivaut pas à un film sur la danse. ‘‘La danse n’en fait pas le sujet, mais le moyen ; un medium non habituel pour le grand public’’, affirme la réalisatrice. Mettant l’accent sur la complexité de la conception contextuelle, la création chorégraphique, la cinématographie, la logique du mouvement de la caméra, la scénographie, le montage et la conception musicale qui s’appliquent à un film de danse, Jana Younes affirme que ces éléments de création sont délicats. ‘‘Il faut pouvoir se faufiler dans les détails les plus subtils pour ne pas tomber dans l’erreur du show. Ceci ne doit pas finir par constituer une performance, dans la mesure où le spectateur doit oublier la danse et entreprendre une odyssée vers l’univers des sens’, souligne-t-elle.

‘And So do I’
Dans le film l’espace est partagé en trois espaces, chacun appartenant à un personnage. La réalité est en harmonie avec la fiction, ‘‘notion qui reflète mon quotidien rêveur’’, comme l’atteste Jana Younes, assurant que ‘‘‘And So do I’ est un petit orchestre de strates qui s’entassent pour finir par un relais qui devient à la danse ce qu’est la chair au corps’’.

Bio en bref
A l’âge de 4 ans, Jana Younes découvre le monde de la danse. Tombée par la suite trop vite amoureuse de la caméra, elle achève, en 2014, ses études en cinéma à l’Université Saint-Joseph après avoir présenté son premier film de danse ‘Orenda’. Avec une envie profonde de créer des dialogues entre la caméra et le corps, Jana Younes est en quête continue de la beauté. Elle est actuellement en plein dans la préparation de deux grands projets de danse et de cinéma.

Natasha Metni

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