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Entre documentaire et fiction : '74, la reconstitution d'une lutte', de Rania et Raed Rafei

Une photo d'archive en noir et blanc et une voix off qui égrène les actualités politiques de l'année 1974 avant de s'arrêter sur une date : mars 1974, début de l'occupation de l'Université américaine de Beyrouth (AUB). Ainsi s'ouvre '74, la reconstitution d'une lutte'. Un long métrage de Rania et Raed Rafei projeté en avant-première lundi 18 mars dans le cadre du festival du film arabe 'Ayam Beirut Al Cinema’iya'.

Amateurs de films d'action s'abstenir, '74' est un film de réflexion. Un huis clos s'installe entre les sept protagonistes principaux du Conseil des étudiants qui prennent possession pendant 37 jours du bureau du président de l'université. Leur revendication : lutter contre l'augmentation des frais de scolarité. Petit à petit, le spectateur comprend qu'au-delà de cette préoccupation, il s'agit plutôt de voir émerger la construction d'un discours politique et de le confronter avec les autres.

’’Nous avons choisi l'année 1974 car elle symbolise une phase d'ébullition culturelle et politique. Une année charnière juste avant le début de la guerre civile. Une période que nous avons peu à peu occultée face aux années de plombs qui suivirent’’, explique Rania Rafei, la co-réalisatrice.

Chaque personnage reflète une position particulière. Il y a l'idéaliste, celui qui doute ou encore l'anarchiste. Les journées passent de discussions en discussions, sur le monde qui les entoure, l'évolution à donner au mouvement. Entre documentaire et film de fiction, les réalisateurs ont choisi de donner la parole à des activistes d'aujourd'hui. Les dialogues sont libres, les dialogues n'étaient pas écrits et les acteurs amateurs ont été invités à improviser. Une improvisation guidée par le travail de fonds que toute l'équipe a mené durant un an, travaillant sur les archives de cette époque.
Molotov est membre du groupe palestinien libanais Katiba V. Il a pris part à l'aventure et a apprécié cette part de liberté : ’’Rania sait te mettre à l'aise pendant le tournage. Pour moi, c'était plus une récréation, même si on a passé beaucoup de temps à discuter, à faire des recherches pour trouver chacun notre fil conducteur’’. Lui endosse le rôle d'Iyad, un Palestinien libanais étudiant à l'AUB qui ne se retrouve pas dans le discours pro-israélien de l'université. Avec lui, il est question du retour en Palestine, une problématique toujours d'actualité... Le pont entre étudiants de cette année 1974 et activistes d'aujourd'hui est construit. Il prend d'autant plus de poids dans le contexte des révolutions arabes.

’’Nous avons commencé à travailler sur le projet avant les événements en Tunisie. Nous nous disions, la nouvelle génération est en sommeil. On voulait les interpeler. Avec le printemps arabe notre film a changé d'énergie’’, raconte Rania Rafei.

Durant plus de 90 minutes, les dialogues et les disputes idéologiques s'enchaînent, entrecoupés de scènes de vie quotidienne souvent silencieuses et d'interviews individuelles de chacun des protagonistes. La caméra est en mouvement, au plus près des visages. Comme si l'un d'eux avait voulu fixer sur la pellicule cet instant de lutte. Parfois les dialogues s'essoufflent, le spectateur est noyé dans le flot de parole. A la sortie, certains avouent s'être un peu ennuyés, même s'ils reconnaissent la force de ces acteurs débutants, convaincants dans leur dialogue car convaincus dans leurs luttes.


Festival Ayam Beirut Al Cinema’iya
Metropolis Empire Sofil
Du 15 au 24 mars 2013
(01) 204080
Le film sortira le 22 mai pour 3 semaines au Métropolis

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