Musée et palais

Dans la filmographie de Beyrouth, on aperçoit parfois le Musée national, ou l’une des belles demeures beyrouthines. Furtivement. Le Musée sert de cadre à des règlements de comptes, les palais, à toutes sortes d’intrigues ou de romances. Ils ne sont jamais clairement nommés, seul un détail, une forme particulière de fenêtre ou d’escalier, permet à l’amoureux de Beyrouth d’identifier le lieu.


Les films européens qui se passent au Liban contiennent toujours des vues de Byblos et de Baalbeck, et parfois des scènes au Musée national. Une filature ou un règlement de compte servent de prétexte à cette incursion. Ainsi dans ‘Flashman’ (1969), les deux méchants ouvrent une trappe dans le temple de Baalbeck, descendent un escalier et se retrouvent… dans les réserves du Musée de Beyrouth ! Ils entrent ensuite dans la salle de la tombe de Tyr, attrapent les deux gentilles, les ligotent et les enferment. Mais Flashman viendra bien entendu les délivrer quelques scènes plus loin.

Dans ‘Les espions meurent à Beyrouth’ (1965), c’est au palais Sursock-Cochrane que sa piste conduit Richard Harrisson. Il y pénètre, par effraction évidemment, y passe un long moment et y revient même dans une scène ultérieure. Ce qui nous donne la chance de visiter ce palais, certainement celui qu’on voit le mieux dans un film.

Frederick Stafford, dans ‘Agent 505 - Todesfalle Beirut’ (1966), doit rencontrer une sorte de nabab oriental, joué par un Willy Birgel finalement assez plausible, et se rend à son palais, qui est, de l’extérieur le palais de Beiteddine… mais de l’intérieur le palais Linda Sursock, dont on peut voir le hall central et le salon oriental.

Mais c’est au palais Nicolas Sursock qu’un gang séquestre ses victimes et les hypnotise avant de les envoyer commettre des crimes, dans ‘Le spie uccidono in silenzio’ (1966). Mais en réalité on voit surtout les extérieurs, les scènes d’intérieur ayant sans doute été tournées en en studio.

On peut mentionner aussi ‘Embassy’ (1972), où on aperçoit brièvement une réception dans le jardin du palais Pharaon.

Dans les films libanais en revanche, point de gangsters ou d’espions cachés dans la belle demeure. Celle-ci est tout simplement le domicile de l’héroïne. Car dans les comédies romantiques d’autrefois, l’héroïne est forcément, soit d’une famille très pauvre, soit, dans les cas qui nous concernent ici, d’une famille très riche.

Ainsi ‘Les aventures de Chouchou’ (1966) et ‘La guitare de l’amour’ (1973), ont pour cadre les palais Daouk à Koreitem, aux allures de villas suburbaines, dans un quartier qui était encore extrêmement boisé.

Pour terminer, on mentionnera le sympathique court-métrage ‘After Shave’ (2005), où Mahmoud Mabsout, en barbier itinérant, sonne au portail bien caractéristique du palais Daouk à Clémenceau, et en monte les escaliers, visiblement très impressionné. Mais par un tour de passe-passe du réalisateur, il se retrouve à l’intérieur du palais Bustros à Saint-Nicolas, où habite le riche notable qu’il est venu raser !

Lyna Yared

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