Loisirs et distractions

On s’amuse beaucoup à Beyrouth, du moins sur les écrans de cinéma. Pratiquement tous les films comportent des scènes de loisirs, et tous les types de loisirs sont représentés. A des degrés différents, bien sûr, et qui ne représentent pas une réalité sociale. Certains endroits sont bien reconnaissables, d’autres le sont moins, surtout pour ceux qui n’ont pas connu la capitale avant la guerre, appel donc aux bonnes volontés. Mais regardons cela de plus près.


Les personnages de nos films sont très souvent attablés, le plus souvent dans des restaurants très chics, des grands hôtels ou des cabarets-spectacles, parfois aussi dans des endroits moins chics, des
cafés-trottoirs de Hamra, des cafés traditionnels populaires… ils sont attablés pour conclure une affaire, rencontrer un contact, filer leur ennemi, ou tout simplement se restaurer.

Les scènes aux terrasses des grands hôtels ou dans les restaurants de Raouché sont si nombreuses qu’il n’y aurait pas d’intérêt à les énumérer. Signalons plutôt les endroits identifiables, ceux qui existent encore, comme le Golden Room de l’hôtel Bristol où Samira Toufic se rend pour une intrigue amoureuse (‘Une Bédouine à Paris’, 1964) ; et ceux qui n’existent plus, comme Les Caves du Roy, visible dans ‘Les espions meurent à Beyrouth’ (1965), ou encore le Bacchus de Pépé Abed où Sabah a basé son gang (‘Essabat al Nissaa’, 1973).

On notera également quelques scènes dans des cafés traditionnels à clientèle masculine, dont le fameux café Doughan à Basta, qui apparaît dans deux films relativement récents (‘After Shave’, 2005, et ‘Caramel’, 2007), mais qui a disparu depuis, ce qui fait de ces deux films de précieux documents.

Un autre loisir très courant dans la filmographie de Beyrouth est le sport balnéaire, avec une nette prédilection pour le ski nautique, dont on voit en particulier une très longue scène de concours (‘Banat akher zaman’, 1972).

Le Casino apparaît souvent, mais curieusement seulement dans les films occidentaux. Nous l’incluons dans notre panorama bien qu’il ne se trouve pas à Beyrouth, car il fait partie de l’imaginaire de la ville. On citera bien sûr le fameux film ‘La grande sauterelle’ (1967), où Hardy Kruger et Maurice Biraud font le projet de détrousser Pépé Abed (encore lui), milliardaire amateur de salles de jeu. Ce qui nous permet de voir le Casino dans tous ses détails.

D’un intérêt exceptionnel est ‘Les feux de l’Amour’ (1968), film libanais inspiré des ‘Diaboliques’ de Clouzot, qui est l’un des rares films où l’on voit très précisément l’hippodrome avec ses anciennes tribunes, détruites en 1982, ainsi que des scènes de courses.

Les salles de cinéma, en revanche, apparaissent rarement dans les films. On notera toutefois dans ‘Le Grand Amour’ (1969), une longue scène où l’on voit bien le hall, les caisses et la salle du cinéma Byblos où se rend Faten Hamama avec son amie pour assister à ‘Bonnie and Clyde’.

Enfin, et uniquement dans le cinéma libanais, nous nous promenons parfois dans le jardin de Sanayeh, peut-être le seul jardin public à apparaître dans les films. C’est là que Chouchou promène la petite fille abandonnée qu’il a recueillie (‘Les aventures de Chouchou’, 1966), et se retrouve embarqué dans une invraisemblable histoire d’échange de poussettes !

Lyna Yared

L’auteur remercie Camille Tarazi qui lui a fourni plusieurs indications très utiles pour cet article et pour le suivant.

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