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Le centre-ville de Beyrouth, avant la guerre

Le centre-ville est une forte marque d’identité visuelle de Beyrouth pour le spectateur arabe. Ceci explique qu’on en voit inévitablement quelques images dans tout film libanais. Tandis que pour le cinéma occidental, c’est le quartier des grands hôtels qui joue ce rôle, le centre-ville étant relégué au rang de lieu coloré et exotique, plus conforme à l’imaginaire d’une ville orientale.


Les films libanais incluent souvent un travelling sur le centre-ville depuis un bâtiment élevé. Ceci permet de marquer clairement l’arrivée à Beyrouth, et donc de poser le cadre de ce qui va suivre.

Ainsi, dans ‘Mawaad maa el-amal’ (1958), les compères venus tenter leur chance dans la ville se retrouvent à déjeuner à la terrasse du Capitole, ce qui permet de parcourir du regard le quartier de la cathédrale Saint-Georges et de l’immeuble des Lazaristes.

Le même procédé se retrouve dans 'Garo' (1965), avec cette fois, un panorama pris de l’immeuble des Lazaristes vers la cathédrale Saint-Georges, puis la place des Martyrs.

En revanche, le cinéma européen montre plutôt des scènes où le héros est immergé dans les souks, ce qui donne lieu parfois à d’intéressants parcours dans des endroits peu filmés. Ainsi dans ‘Jerry Land, chasseur d’espions’ (1967) Wayde Preston déambule longuement dans les différents souks et se fait aborder par de mystérieux individus, ou, mieux, dans ‘Rebus’ (1969), Laurence Harvey renverse un étal de légumes, déclenche une bagarre et dévale en courant les rues de Bab Edriss pour finir rue de Tripoli devant l’immeuble de l’Orient.

Quelques films sortent de ces deux schémas, et permettent de reconnaitre des endroits plus précis, de façon parfois assez amusante.

Dans ‘La châtelaine du Liban’ (version Pottier, 1956), Jean-Claude Pascal se fait rappeler à l’ordre par un agent devant l’Hôtel de Police de la place des Martyrs, pour refus de priorité. Mais au fait, un agent qui fait respecter le Code de la route, sommes-nous bien au Liban ?

En 1964, Jean-Paul Belmondo (‘Echappement libre’, 1964) utilise un téléphone public à l’intérieur du Grand Sérail. Y avait-il effectivement des cabines au Grand Sérail, ou cela est-il le résultat d’une fantaisie du réalisateur ?

David Niven, lui, entre envoyer un télégramme de la Poste centrale de la rue Riad el-Solh, dont l’aspect intérieur était bien différent de l’actuel (‘Where the spies are’, 1965).

Autre séquence très intéressante, dans ‘L’amour et l’argent’ (1972), Chouchou, dans un rôle de clochard inspiré de Chaplin, renseigne sur la place des Martyrs les voyageurs qui cherchent à prendre un taxi-service et les aide à porter leurs valises en échange d’un pourboire. Le soir venu, il s’endort à même le sol près de la statue des Martyrs.

Et pour compléter ce panorama, notons que quelques films sont l’occasion de visiter l’intérieur des magasins d’autrefois : dans ‘La Bédouine amoureuse’ (1963), Samira Toufic fait ses achats à Bab Edriss dans un magasin de tissus ; dans ‘Le Fugitif’ (1968), Farid Chaouki, menuisier, installe un stand dans les grands magasins Byblos ; et pour finir, dans ‘Habibati’ (1975), Faten Hamama, la grande dame du cinéma égyptien, qui nous a quittés il y a une quinzaine de jours, est vendeuse à la librairie Antoine du Centre Starco.

Lyna Yared

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