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Retna : rassembler les cultures et les communautés à travers le graff

Le graffeur Retna (Marquis Lewis) a clôturé ce 22 décembre la deuxième édition du festival Urban Down, un festival d’œuvres contemporaines et de peintures urbaines organisé par la plateforme internationale Curator 19.90 en partenariat avec Loft Investments d'Ayad Nasser. Graffeur depuis la fin des années 1980, Retna est venu de Los Angeles où il vit et travaille, pour réaliser trois peintures murales en quatre jours à Ouzai, Bourj Hammoud et Achrafieh (le mur de l’École Saint-Charles accordé grâce a la collaboration des organisateurs avec l'association Ashrafieh2020), une manière selon lui de réunifier la ville.


Ce projet s’inscrit dans la ligne de son travail commencé à la fin des années 1980 à Los Angeles. ‘‘Je suis d’origines mixtes. Mon père est du Salvador, ma mère est africaine-américaine, et il y a toujours eu un fossé culturel entre certaines zones et communautés. Donc je suppose que j’ai eu une sorte de crise d’identité’’, explique Retna. De son expérience est venue l’idée de combler les fossés. Autodidacte, Retna s’inspire dans son travail des calligraphies inca, égyptienne antique, arabe, herbeuse et asiatiques. ‘‘ (…) J’ai commencé à regarder et travailler sur les cultures anciennes, j’ai commencé à voir les similarités entre peuples, monuments et écritures. Je ne pouvais pas vraiment comprendre les détails, mais il y avait certains symboles que j’ai vu se transmettre à travers le temps et j’ai voulu que mon travail représente quelque chose de similaire’’. Ce mélange des cultures se traduit dans le travail de Retna par une calligraphie épurée, avec pour base des lignes et des cercles.

Il glisse chaque fois dans ses œuvres des messages cachés. Sur les murs d’une école publique de la rue de l’Indépendance, se sont les mots de Khalil Gibran qui ont été cachés dans la peinture réalisée par Retna et les écoliers : ‘‘Un peu de connaissances qui sont agissantes vaut infiniment plus que beaucoup de connaissances qui sont inactives’’ et ‘‘La vraie richesse d'une nation n'est pas en son or ou en son argent, mais dans son aptitude à s'instruire, sa sagesse et le degré d'intégrité de ses fils’’.

Pour sa première visite au Liban, travailler avec les enfants a été selon lui un vrai plaisir. ‘‘J’apprends toujours. Je pourrais être très rigide et imposer ce que je veux. Les enfants n’ont pas ces barrières que nous nous posons nous-mêmes. En tant qu’adulte, ils m’apportent un esprit de liberté et j’adore ça !’’

Retna est aussi enthousiaste quand il s’agit du graff libanais, tout du moins des peintures qu’il a pu croiser dans les rues de Beyrouth lors de ces quatre jours de visite. ‘‘[J]’étais fasciné par certains travaux que j’ai croisés (…). C’était ce à quoi mon travail ressemblait quand j’ai commencé. Je ne peux même pas imaginer ce que ce sera quand ils auront accès à toutes les informations et tout le matériel, et aussi quand les gens les laisseront faire ce travail aussi, parce que les gens doivent comprendre ce qu’ils font et être ouverts à ça’’.

Retna travaille aujourd’hui avec des clients privés et des campagnes de publicité tout en s’attachant, comme à Beyrouth, à venir partage son art pour le seul plaisir. Il expose aujourd’hui à Los Angeles, Miami, Londres, New York et Hong Kong et des travaux pour VistaJet, Louis Vuitton et Nike. Il a aussi réalisé la couverture de l’album ‘Purpose’ de Justin Bieber, sorti en 2015. Il s’applique en parallèle à soutenir quand il peut les artistes émergeants en collectionnant leur travail.

www.digitalretna.com

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