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‘My Diaries’ de Jamil Molaeb, la mythologie de la vie

La Galerie Janine Rubeiz accueille jusqu’au 27 septembre l’exposition solo de Jamil Molaeb, ‘My Diaries’. Quand les formes et les couleurs saisissent la vie et la déclinent en scènes mythologiques.

‘My Diaries’, le titre même de l’exposition solo de Jamil Molaeb renvoie d’emblée à l’univers dans lequel le visiteur est appelé à pénétrer : dans la vie même de Jamil Molaeb, dans son quotidien, dans ses sentiments, ses sensations, sa pensée. “C’est tout à fait lui, dit Nadine Bekdache. Il est tout le temps en train de peindre ce qu’il a envie”, la mer, son village Baïssour, les habitants de son village, les coutumes arabes et libanaises, la nature dans tous ses recoins… comme un immortel souffle d’espoir.

Pénétrer au gré des multiples encoignures d’un journal personnel, de par le concept même du genre, est à la fois un processus de déambulations et d’allégresse et une demande implicite d’initiation ; c’est ce que la scénographie de l’exposition propose de par sa simplicité, de par sa clarté. Elle propose au visiteur une division, une séparation, une compartimentation de l’œuvre en volets, en chapitres, donnant à voir ça et là, à chaque fois, une facette différente de ce grand œuvre de Jamil Molaeb. D’un côté la nature et ses oiseaux qui se déclinent dans tous leurs états, de l’autre la mer et son bleu d’horizon ; là, le village, sa faune, ses habitants, et leurs activités, plus loin, la condensation en traits horizontaux et verticaux d’une kyrielle d’êtres et d’action, entre l’ici et l’ailleurs, le passé et le présent.
Une toile en fond blanc appelle à la contemplation prolongée, à la variation des approches, de loin, de près, dans son ensemble, dans ses détails ; tant et tant d’éléments à sentir, à percevoir, à discerner, à distinguer. Ils sont là, comme les morceaux d’un puzzle, esquissés au noir, des oiseaux, des personnes, des arcades, des jarres, des poissons, des voitures… le monde par le trou de la serrure, entre l’observation, la profondeur et la facétie.

Huile sur toile ou huile sur bois, ‘My Diaries’ donne à voir une soixantaine d’œuvres, petites et grandes dimensions, datées entre 2010 et 2017. C’est dire d’emblée l’authenticité de Jamil Molaeb, l’homogénéité éclectique de son œuvre s’étalant sur le parcours de toute une vie. “Il a toujours fait et ceci et cela“, précise Nadine Bekdache. “Son abstrait est très figuratif et son figuratif peut être abstrait”. Un vrai journal à multiple facettes qui distille les genres, qui noie les phases et les périodes, qui emmêle les inspirations de par les siècles, qui se situe loin d’une plongée tonitruante, voire nombriliste, dans l’intime du peintre. Le regard de Jamil Molaeb, c’est dans l’intime de la nature et de l’être qu’il plonge ; son pinceau semble s’accoupler à un miroir grandissant, à une loupe capable de pénétrer l’enveloppe protectrice des choses, pour en extraire l’essence même, l’encre originelle.

“La toile dans ‘My Diaries’ résume mes expériences et mes contemplations,
stipule Jamil Molaeb, elle écrit les souvenirs de mes envies du matin et du soir, de tous les jours, de toutes les saisons, d’une journée ensoleillée et d’une journée pluvieuse”. Pour Jamil Moaleb tout peut être une invitation à peindre, comme un prolongement même de la vie : un court trajet de la montagne à Beyrouth à travers la route côtière, le ciel, la mer, les paysans qui plantent la terre, les femmes qui s’affairent dans les maisons avec leurs enfants, les gens qu’il croise et qui le saluent, “un vendeur de quatre saisons qui étale ses pommes et ses légumes colorés dans des cageots comme s’ils étaient des œuvres d’art”… “Des musées réels”, comme il les qualifie, parmi lesquels il vit. Et qu’il fixe sur ses toiles, pour conter une autre mythologie, la rendre éternelle, immortelle. Celle de la vie.

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