Tagreed Darghouth exposé à la galerie AgialLes caméras de surveillance sous l’œil de Tagreed Darghouth

A partir du 1er septembre, la galerie Agial met à l’honneur la talentueuse peintre Tagreed Darghouth, en présentant ses derniers travaux intitulés ‘Vision Machines, Shall You See Me Better Vow?’. Née à Saïda en 1979, Tagreed Darghouth a suivi les prestigieuses formations de l’Institut des beaux-arts de l’Université libanaise et de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Très intéressée par les maux de notre société moderne, elle met en exergue les risques de dérives d’une surveillance de masse. Entretien avec l’artiste.

[Diaporama]

Que pouvez-vous nous dire de votre nouvelle exposition à la galerie Agial ?
L’exposition ‘Vision machines, Shall You See me Better Now’ trouve son essence dans l’existence de nombreux objets de surveillance issus de la technologie moderne comme les caméras, les drones, les circuits de télévision fermés ou encore les satellites. D’après sa définition de base, la surveillance est la collecte d’informations relatives au comportement et à l’activité d’individus dans l’objectif de les influencer, les contrôler et les protéger. Ces objectifs sont réalisés par l’intermédiaire d’instruments, icônes de l’observation et de l’espionnage. Ce sont eux que j’ai décidé de mettre en relief pour qu’à leur tour, les humains, les analysent et surveillent. Ces objets font désormais partie de notre architecture contemporaine, de notre urbanisme, de notre quotidien, transformant des zones civiles de divertissement en de potentielles zones de guerre dissimulées. D’après moi, ces outils assurent la protection et la prévention du crime en surface, mais, au fond, ils ne sont que des outils de vecteur de la violence.

Pourquoi avez-vous choisi ce titre ?
‘The Vision Machine’ est un livre écrit par le théoricien culturel français et urbaniste Paul Virilio, dans lequel il interroge la logistique de la perception, et en particulier la transformation de la perception et de la culture sous l’impact des nouvelles technologies de la représentation de l’information. J’ai ajouté au titre de son livre la phrase ‘Shall You See Me Better Now’, visant ceux qui portent un regard artificiel sur le monde et qui catégorisent, classent, étiquètent par méconnaissance de l’autre. Ces machines peuvent-elles aider à mieux capturer l’autre tel qu’il est vraiment ? Ou augmentent-elles la distance et l’incompréhension entre les humains ?

Comment avez-vous préparé cet événement ?
Je commence généralement à me familiariser avec un thème en lisant, je ne pense à la partie artistique sur toile qu’après. J’apprécie énormément l’aspect visuel des travaux artistiques, même s’il semble souvent moins compliqué ou direct qu’il ne devrait l’être. Le temps et l’énergie consacrés à une peinture dépend du sujet traité. En fait, c’est toujours un peu chaotique : il m’est impossible de me rendre compte du résultat final d’une peinture avant que la toile ne soit terminée, je ne peux donc pas déterminer à l’avance le temps nécessaire à la réalisation d’une toile. Parfois, je vais finir un travail en une après-midi, d’autres, cela me prend des mois. J’établis un dialogue avec mes travaux, ce que je veux dire, c’est que j’ai appris aujourd’hui à savoir quand je dois laisser un travail en cours de côté et quand je dois en attaquer un autre.

Quel message souhaitez-vous véhiculer ?
Je n’ai pas de message personnel à faire passer, mais en tant qu’être humain, artiste par ailleurs, et consciente de ce qui se passe autour de moi, je pense que le moins que je puisse faire est de mettre les projecteurs sur certains sujets. J’aimerais citer José Saramango qui, un jour, a dit : ‘’au fond, je ne crée rien, je suis juste une personne qui soulève un rocher et observe ce qu’il y a en-dessous’’.

Travaillez-vous en parallèle sur d’autres projets ?
Quand je travaille sur un thème en particulier, je dédicace tout mon temps et lectures à ce thème jusqu’à ce que le fruit de mon travail soit exposé. Après coup, c’est assez désagréable, mais je me sens souvent vidée, un peu comme une femme qui vient d’accoucher et qui a le baby blues. Disons que j’ai le blues de la peinture ! Mais oui, autrement, j’ai déjà un autre sujet en tête.

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