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‘Kardesim Beyrut’, l’ode de trois artistes turcs à Beyrouth

Depuis le 1er avril, la galerie beyrouthine Art on 56th a ouvert ses portes à l’art contemporain turc. Elle présente le travail pop art des trois jeunes et talentueux artistes Yigit Yazici, Pinar du Pre et Baris Saribas, regroupés au sein de l’exposition ‘Kardesim Beyrut’. A comprendre, ‘les frères de Beyrouth’.

Une fois le seuil de la porte de la galerie Art on 56th franchie, une explosion de couleurs vous saute aux yeux. Du rouge, du violet, du bleu cyan, du vert, du rose et encore du jaune vif – les tonalités se balayent les unes les autres pour former le contour de visages de personnalités artistiques et politiques libanaises. Le tout, agrémenté et parfait d’un jeu d’assemblages et de collages d’impressions sur papier et de paillettes. La technique, impressionnante, des trois artistes turcs est une constante de l’exposition. ‘‘C’est beau, c’est très décoratif, reconnaît Yolande Naufal, peintre libanaise venue jeter un œil à l’art contemporain turc. Dès que l’on pénètre dans la salle, on perçoit la conception particulière des artistes, ils ont leur propre cachet et procédé. Je cherche personnellement davantage un dialogue intérieur dans mes peintures, il ne me frappe pas ici, mais c’est joli, la technique est assurément maitrisée’’.

L’artiste Yigit Yazici, diplômé des beaux-arts de l’université Mimar Sinan et dont le travail est aujourd’hui internationalement reconnu, est représenté au Liban par la galerie Art on 56th. En mars 2013, il y exposait son show individuel ‘Layers of A Tale’. Cette année, il a voulu partager l’affiche avec deux de ses confrères pour non seulement dévoiler au public libanais l’art expressif et figuratif de son pays, mais également pour déclamer sa flamme à notre capitale. ‘‘Cette exposition est avant tout une tribune à Beyrouth, confirme Hiba Merhi, de la galerie Art on 56th. A travers de la peinture à l’huile, de l’acrylique, des collages, des supports digitaux et de la calligraphie, les trois artistes rendent hommage et expriment leur estime pour Beyrouth. Ils dressent une sorte de pont entre notre culture et la leur, en dessinant une sorte d’aura unificatrice et vivante entre nos deux pays’’. Les trois artistes inscrivent ce lien entre Beyrouth et Istanbul en opposition à celui, virtuel et numérique, qui semble aujourd’hui lier les hommes dans le monde moderne.

Chacun à leur manière, Yigit Yazici, Pinar du Pre et Baris Saribas challengent le visiteur. ‘‘J’ai choisi d’être heureux’’, écrit sur une de ses toiles le premier, dont trois versions – une pour chacune des langues parlées au Liban, sont exposées dans la galerie. ‘‘Tout est le résultat d’un choix antérieur. J’ai personnellement choisi d’être heureux’’, justifie-t-il, renvoyant le spectateur à ses propres interrogations. Pinar du Pre, elle, dont les portraits multicolores rappellent les œuvres de Kunstlerhaus et Wiener Werkstaette, défend l’idée d’une humanité unie en dépit de cultures, langues et histoires différentes. Baris Saribas, lui, diplômé des beaux-arts de l’université Marmara à Istanbul, conduit le spectateur à la réflexion, en le plongeant dans un monde plus obscur et inquiétant, à mi-chemin entre l’expressionnisme et le pop art. Tous, enfin, d’une même voix mais à travers un medium diffèrent, chantent leur ode à Beyrouth. Son échos raisonnera entre les murs de la galerie Art on 56th jusqu’au 23 avril.

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