Home Top (1440 x 150px)

Ce que Beyrouth inspire à Burcu Perçin

La galerie Art On Istanbul ouvre ses portes du 8 mars au 8 avril pour accueillir la septième exposition personnelle de l’étonnante peintre contemporaine turque, Burcu Perçin.


Née en 1979 à Ankara, Burcu Perçin est diplômée de la Faculté des beaux-arts d’Istanbul. Pi Artworks Contemporary Art Center à Istanbul accueille sa première exposition personnelle en 2005. Depuis, ses œuvres ont été exposées à Hubner à Frankfort, ou encore dans le cadre de ‘Istanbul Now’ à la galerie Lukasfeichtner à Vienne.
Ses expositions personnelles, dont ‘Fonction’, ‘Foto-Kolaj’, ‘Lieu perdu’, ‘Nulle part’ et la dernière intitulée ‘Domination murale’, tournent autour de la diaspora ouvrière ou ce qu’il reste de l’homme quand il part.

Perçin s’inspire d’usines délaissées de Beyrouth aussi bien que d’Edirne. Elle invite à une nostalgie de l’utopie industrielle d’antan en reproduisant fidèlement, mais avec une sensibilité qui lui est propre, ces grands espaces délabrée, a priori masculins, qui représentaient l’espoir des ouvriers, des familles et des nations à une époque.
L’artiste s’intéresse particulièrement à donner une certaine forme de beauté à l’abîme.
Ces endroits vides de sens et d’ouvriers rappellent délicatement l’apothéose des croyances de l’homme et leur nature éphémères.

L’originalité de Burcu repose dans le mélange de matières, mais aussi dans sa technique. Celle qui consiste à utiliser des bandes adhésives pour obtenir des lignes et des angles parfaits pour représenter une usine délabrée. Cette dualité met le spectateur face à ses contradictions et lui rappelle que l’homme qui construit ces lieux avec entrain est aussi celui qui les délaisse des années plus tard.

L’artiste reste toujours ouverte à de nouvelles formes, matières et outils dans son travail. Après son voyage à Beyrouth en 2012, elle inclut le graffiti, et réutilise des éléments figuratifs, à l’instar des premières œuvres, tels des portraits dont celui de Samir Kassir. ’’Nous en avons beaucoup ici aussi’’ rétorque Burcu, lorsqu’on lui parle du sort du journaliste libanais.

Des lieux aux personnages choisis, la peinture de Burcu est universelle. De la Turquie au Liban, ce sont les mêmes lieux qui sont abandonnés et les mêmes voix qui sont tus.
Sa vision, son propos mais surtout son esthétique mettent face au vide que nous créons.

La beauté étrange de ses peintures, regorgeant de couleurs improbables, laisse apercevoir la lumière qui pénètre de ses grandes baies vitrées. Cette lumière qui se reflète sur les flaques d’eau crée une atmosphère mélancolique tout en laissant de l’espoir. L’espoir peut être qu’un jour une seconde vie sera attribuée à ces lieux et, qui sait, peut être à ceux qui les regardent.

De notre correspondante en Turquie, Nihan Asici


’Mural Domination’, Burcu Perçin
Art On Gallery
Du 8 mars au 8 avril 2012
Şair Nedim Cad. No.4 Akaretler 34307 Beşiktaş, Istanbul
www.art-on.com


> Lire notre sélection des rendez-vous du mois : Istanbul, les rendez-vous culturels de mars

Articles Similaires

Article side1 (square shape or rectangular where the height is bigger than the width)
Article side2 (square shape or rectangular where the height is bigger than the width)