Home Top (1440 x 150px)

'Retrieving Beirut', pour promouvoir le potentiel de Beyrouth

Lors de la Beirut Design Week, jusqu'au 29 mai, la K Timber warehouse accueille à Jisr el-Wati l'exposition 'Retrieving Beirut', qui est en fait le lancement de l'initiative du même nom au travers de la présentation du travail d'une quinzaine d'artistes, architectes et designers libanais questionnant leur rapport à la capitale libanaise.

Mardi 24 mai, le public a pu découvrir les travaux de Iguzzini, Chadi Aoun, Karen Chekerdjian, Robert Cremona, Charbel Fakhry, Johnny Farah, Dimitri Haddad, Youssef Haidar, Abdallah Hatoum, Elie Moubarak, The Mukhi Sisters et Anthony Sahyoun. ’’’Retrieving Beirut’ est une plateforme qui vise à utiliser le langage artistique comme un outil de communication pour promouvoir le potentiel de Beyrouth, sensibiliser, inspirer les gens et changer les mentalités’’, explique Donna Maria Feghaly, curatrice de l'exposition. ‘’Cette exposition est le lancement de ‘Retrieving Beirut’, porté par la passion des artistes que nous avons sélectionnés pour la ville de Beyrouth. Les messages qu'ils promeuvent sont issus de leur relation très intime et personnelle avec la ville’’. Au programme donc : laisser le public plonger dans ces émotions afin de questionner son propre rapport et attachement. Pour Donna Maria Feghaly, ce rapport est déjà clair : ‘’Beyrouth est la ville des contradictions entre l'Orient et l'Ouest, entre différentes religions. C'est une expérience intense d'émotions extrêmes et cette belle diversité qui crée autant de richesse et de variété artistique’’.

Parmi les diverses installations présentées, celle de Dimitri Haddad, 'Charkiye Ghabrbiye', la ligne verte, consiste en 12 mètres de 800 photos panoramiques mises bout à bout sous plusieurs perspectives, le long d'un passage en bois. ‘’C'est une réflexion sur la ligne verte aujourd'hui’’, explique le jeune photographe. ‘’Pendant des années, les gens ne pouvaient pas la passer à cause des francs-tireurs, et c'est resté dans l'inconscient collectif ! Les jeunes ont une sorte de ligne verte psychologique qui les empêche de passer, dans mon cas à l'ouest, il y a toujours une peur de l'autre côté, mais on ne sait pas pourquoi’’.

Dans un coin, une grande boîte noire percée invite le public à jeter un coup d’œil pour observer un coucher de soleil sous différents angles. 'Behind Dark Holes' est l'initiative des créatrices de bijoux Zeenat, Maya et Meena Mukhi, qui ont lancé la marque les Mukhi Sisters. ‘’Nous avons voulu faire quelque chose qui n'a rien à voir avec nos bijoux, pour une fois’’, confie Maya Mukhi. ‘’Le point de départ de notre dernière collection est un coucher de soleil que nous avons adoré. Cela représente l'espoir, le soleil qui se couche, celui d'un meilleur lendemain. Les trous de la boîte correspondent aux impacts de balles encore présents sur les vieux immeubles de Beyrouth. Quand on regarde, on voit un coucher de soleil sous différentes perspectives, à l'image de notre sensation partagée qu'après toute cette noirceur vient la lumière. On croit en Beyrouth’’.

Dans l'une des trois cabines présentant des projections, un signe invite à revêtir un masque blanc. Il s'agit de l'installation de Chadi Aoun, dessinateur, cinéaste et danseur, qui présente une courte vidéo issue de son court-métrage 'Samt', silence en français, présenté la semaine prochaine lors Festival du film libanais. ‘’Il s'agit d'une ville appelée Ghabra, poussière, dans laquelle un système despotique règne et oblige les habitants à chuchoter et à porter des tuniques et des masques uniformisants’’, détaille Chadi Aoun. ‘’Je voulais que les gens portent ce masque afin de se sentir inconfortables en regardant le film, une façon pour moi de les pointer du doigt. Comme les habitants de Ghabra, il existe une certaine inertie et un manque d'audace à Beyrouth’’.

Articles Similaires

Article side1 (square shape or rectangular where the height is bigger than the width)
Article side2 (square shape or rectangular where the height is bigger than the width)