Petit Shoe de Boutville, un conte pour enfant et pour adultes aussi
Le 20/11/10
Krystel Abimeri et Joëlle Achkar ont joint plume et pinceau pour éveiller l’imaginaire des enfants, et l’enfant qui sommeille en nous. Ce coup de baguette magique porte le merveilleux titre de Petit Shoe de Boutville, un livre grand format publié aux éditions Dergham.
Au stand des éditions Dergham, au Salon du livre de Beyrouth, Krystel Abimeri et Joëlle Achkar, des souries plein les yeux, signaient leur ouvrage tout comme elles l’ont concocté, à deux mains. Ou plus justement de manière complémentaire, complice, fruit de l’amitié d’enfance qui les lie. Il y a deux ans environ, au cours de son séjour aux Etats-Unis, Krystel Abimeri écrit un petit conte, d’un jet : "J’ai toujours aimé écrire des histoires pour enfants, parce que je pense que j’ai une âme d’éternelle enfant".
Ni scolaire, ni féerique
"Au coin de ma rue existe Boutville. Boutville est un immense royaume fait de carton. Là-bas, on y trouve bien des choses : des objets délaissés, usagés, égarés ou encore mal-aimés".
A Boutville se trouve notamment Shoe, le personnage principal, qui comme son nom l’indique, est une chaussure, symbolisant promenade et balade. "Il ne s’agit pas vraiment d’un livre qui défend l’environnement, mais il y a une sorte de message implicite : ne pas gaspiller, réutiliser, réinventer les objets".
Le lecteur est appelé à s’arrêter sur mille et un détails, une rime, un prénom, un jeu de mots, mais aussi sur les illustrations de Joëlle : de magnifiques dessins qui se déclinent en fresques, en couleurs ou même en noir et blanc. Vous ne saurez où poser votre regard, jonglant entre texte et illustration.
A la recherche d’un éditeur
En rédigeant son petit conte, Krystel ne pensait pas à le publier, ni même quand elle l’a montré à Joëlle, qui a tout de suite été séduite par l’idée, par les images qui se dégagent de l’écriture fantaisiste de Krystel, "c’était plus un coup de cœur, une envie de s’éclater", explique l’auteur. Puis progressivement, toujours par plaisir, l’envie est venue d’aller jusqu’au bout, jusqu’à la publication.
La maison d’édition se devait d’être libanaise, "j’avais envie que cela commence ici, pour encourager mon pays. Sans oublier qu’un tel livre est plus appelé à éveiller la conscience verte du public ici qu’ailleurs où tous ont déjà commencé cette démarche". Le chemin n’a pas été des plus simples, du fait que la plupart des maisons d’édition jeunesse publient soit en arabe, soit des ouvrages plutôt scolaires en français. Pour Dergham, ce fut un coup de cœur, d’autant plus qu’ils sont partisans du papier recyclé.
D’autres projets en cours ? Oui, mais pas une suite. Ce conte se termine en entonnoir pour permettre aux enfants d’imaginer eux-mêmes la fin. Ce sera donc des histoires différentes, de nouveaux personnages, toujours dans le même style.
Alors si vous avez un enfant dans les 4 ans environ, n’hésitez pas une seule seconde . Et même si vous n’en avez pas !
Nayla Rached