’’‘Ayzin bahryia, ya rayes / Safyin en-niyya, ya rayyes’’… Omar Zeenni n’est peut-être pas connu de tous. Mais tous, ou presque, nous connaissons ce refrain, à tel point que son auteur semble en avoir été dépossédé.
Mais c’est sans compter Ahmad Kaabour qui se fait, une nouvelle fois, le porte-parole du poète révolutionnaire.
Depuis quelque temps déjà trône dans les bacs un album avec, sur sa couverture, ces deux figures libanaises face à face : ’Ahmad Kaabour chante Omar Zeenni’. Et vous prenez plaisir à passer ces 45 minutes en leur compagnie. Dix pistes, dix dates. Omar Zeenni en dix pauses.
Les arrangements d’Ahmad Kaabour, sa voix particulière qui s’allie par moments à celle de Nadine Hassan, amplifient les échos de Beyrouth. Satires sociales, piques succulentes, ton léger, rythme entraînant ou traînant, la face du pays se dévoile dans toute son authenticité. Se dévoile, s’écoute et se réécoute.
Quand les arts s’entrecroisent dans les rues de Beyrouth, entre passé et présent, reviennent à la mémoire ces mots de Gabriel Rayes se rappelant, dans ’Le centre-ville de mon père’,
’’le théâtre Nadia, où se produisaient les chansonniers de l’époque : Abdallah Moudaress, Kichkich et le professeur Amer Zehinni dont la fameuse chanson ’Nous voulons une marine Monsieur le Président’
est restée longtemps célèbre.Cette chanson était une requête priant le président Charles Debbas de doter le Liban d’une marine nationale’’.
Nayla Rached
.: Paru dans le numéro 411 de l'Agenda Culturel (25 janvier 2012)