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Garamont ou Garamond, une même élégance
Le 24/10/11
2011 marque le 450e anniversaire de la mort de Claude Garamont. Toute l’année, des événements culturels rendent hommage, en France, à ce célèbre graveur, qui a donné son nom à une famille de polices de caractères toujours très utilisée dans l’édition de qualité.
Qui n’a pas eu sous les yeux un volume de la ’Bibliothèque de La Pléiade’ de Gallimard ou un roman d’Actes Sud ? Les éditeurs s’accordent sur l’élégance et la lisibilité du Garamond, et chacun essaie de distinguer ses livres par une version : Garamont Deberny & Peignot en corps 9 pour La Pléiade, ITC Garamond et Agaramond pour Actes Sud, cela sans compter le Garamont exclusif de l’Imprimerie nationale de France. Quant aux particuliers, ils sont nombreux à utiliser l’Adobe Garamond dans leurs traitements de texte, police développée par Robert Slimbach à partir d’une série d’épreuves conservées au musée Plantin-Moretus à Anvers.
L’orthographe du nom varie : le graveur écrivait lui-même Claude Garamont, certains documents comportent Garamon ou Garamond, et même parfois Garamour pour le nom de son père, également imprimeur. La convention adoptée le plus généralement préconise l’emploi du t final pour le nom de la personne, et du d final pour désigner la police de caractères ; mais elle reste sujette à exceptions.
La date de naissance précise de Claude Garamont n’est pas connue. Deux hypothèses sont avancées, 1499 et 1510. Quoi qu’il en soit, Claude Garamont naît dans une famille d’imprimeurs quelque cinquante ans après l’invention de l’imprimerie, c’est-à-dire du principe de l’assemblage de caractères mobiles en plomb pour la composition des textes. Après une période d’apprentissage chez différents graveurs parisiens, il devient lui-même maître en 1538, mais sa carrière est définitivement lancée par la commande, faite en 1540 par le garde de la librairie de François 1er, de poinçons de lettres grecques. Les ’’Grecs du Roi’’, comme on les appellera désormais, resteront chez les imprimeurs du roi : 1327 poinçons originaux, actuellement classés monuments historiques et faisant partie du trésor de l’Imprimerie nationale de France.
Naturellement, ces caractères ne seront pas diffusés mais exclusivement employés par les imprimeurs du roi. Mais contrairement à d’autres graveurs, Garamont commercialise les autres caractères qu’il développe, et nombre d’imprimeurs parisiens se fournissent auprès de lui. Il acquiert ainsi une notoriété certaine. Mais il n’est paradoxalement pas l’inventeur des lettres qui portent actuellement son nom : celles-ci l’ont en effet précédé ; les premières polices dont le style est comparable au Garamond datent des alentours de 1530. Ce n’est là qu’un exemple de la difficulté de fixer la paternité de chaque invention dans une période foisonnante qui a connu un grand développement de la typographie en Europe.
Retrouvez la biographie de Claude Garamont, l’histoire de l’imprimerie et les évolutions actuelles du numérique, ainsi que le programme détaillé des expositions et célébrations de l’année sur le site : www.garamond.culture.fr
Samar Abou-Zeid
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