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Une démarche interrogative
Artiste visuel multidisciplinaire, Omar Fakhoury a travaillé sur la question de la précarité, notamment dans sa vidéo ’Lira-dollar’, autobiographie à travers les taux de change (livre libanaise et dollar). Il a exposé à Paris, Beyrouth, Istanbul, Amsterdam, Liverpool et Marseille,et enseigne à l’Université libanaise et à l’Institut d’études scéniques et audiovisuelles de l’Université Saint-Joseph.
Le climat de l’entretien est marqué par la vivacité. Par ses réponses acérées, le peintre Omar Fakhoury ne facilite pas la tâche. Comment dès lors faire parler ses toiles ?
Un nouveau regard sur la ville
Départ pour un paradoxe : celui de la précarité et de la constance. Le peintre nous révèle pourquoi le provisoire est constant, pourquoi
’’il n’y a que le provisoire qui dure’’, comme le dit le proverbe.
´Vivarium’ regroupe une série de toiles illustrant des endroits précaires. Ce qui est montré ce sont des habitations des gardiens de la ville : des abris de l’armée, des conteneurs de construction, des petites guérites de gardiens de parkings. D’une peinture précise, concrète, le peintre sonde ces petites structures qui sont censées être temporaires, enlevées. Puis, ces structures sont oubliées. Alors que les gratte-ciel qu’on a construits dessinent le paysage de Beyrouth, ces structures sont autant de traces fantomatiques de la ville exténuée d’être en perpétuel renouvellement.
Ce qui est montré du doigt c’est donc la ville de Beyrouth : en surface, tous ces gratte-ciel, mais en y regardant de plus près, tout ce dont elle n’arrive pas à se débarrasser, toutes ces petites structures qui perdurent, continuent de vivre. Le vivier, c’est le rassemblement de ces petites baraques qui n’ont pas de raison d’exister, mais dont le peintre accentue l’importance et amplifie la présence à travers sa peinture.
Un regard sur la peinture
Cette exposition nous mène vers un nouveau regard sur la ville et sur la peinture. Pour le peintre, le public a un rôle, une responsabilité :
’’Quand une œuvre finit, elle doit avoir une autre vie.’’ À la question de savoir comment voir une exposition, le peintre répond :
’’L’art est un langage à apprendre. L’artiste doit être clair pour être compris.’’ Il incline le public vers la mise en contexte d’une œuvre d’art.
En définitive, cette exposition servira-t-elle de prise de conscience de ces structures précaires ou de clin d’œil au fait que Beyrouth sera toujours une ville de contrastes ?
Julie Holman
‘Vivarium’, Omar Fakhoury
Agial Art Gallery
Du 26 janvier au 18 février 2012
(01) 345213 ; (03) 634244