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All That Farroukh !
Le 01/06/11
Les voyages de Toufic Farroukh sont multiples. Destinations et escales se succèdent et se confondent. De Paris à Fairouz en passant par Le Oud, Le Caire, Le Req ou encore Le Ney, les pérégrinations de ce saxophoniste 'orienté' cultivent des mélanges inédits. Les styles s’égrènent au fil des notes : sa portée se posera le jeudi 2 et vendredi 3 juin au DRM pour jouer son dernier opus, 'Cinéma Beyrouth'. Jouer du Sax' ? Jouer du Beyrouth ? Qu’est-ce qui vous fait jazzer Monsieur Farroukh ? Entretien désorienté.
Toufic Farroukh qui êtes-vous ? L’homme qui a perdu son ombre…?
Qu’est-ce qui vous fait jazzer ? L’esprit, l’instinct, la culture, le son, l’amour et la nuit… Bref, la captation soudaine de l'inattendu !
Qu’est-ce qui vous oriente ? L’intuition, la conscience, mes racines, le son l’amour et la lumière. Mais Il y a rien de délibéré !
Qu’est-ce qui vous meut et vous émeut ? L’arrogance, l’injustice, l’intégrisme, la pauvreté, l’ignorance. L’art, l’amitié, La spontanéité et l’intelligence, la vie, la mort.
Pourquoi faites-vous de la musique ? Vivre mes rêves et la réalité ! La création d'émotions, intellectuelles et physiques… Tout simplement pour vivre.
Si je vous dis saxophone, vous me répondez ? Soprano, le saxophone rare, l’instrument des grandes individualités et des chercheurs solitaires.
Vos influences musicales majeures ? J’assume mes diverses influences, je me nourris de perceptions, loin des théories et des concepts. Loin des mélanges étranges et artificiels.
Etes-vous plus Paris-Beyrouth ou Beyrouth-Paris ? C’est un équilibre à réussir. Je me considère comme un musicien qui vit son art. L’art est quelque chose d'essentiellement personnel, la démarche est intérieure. Donc Paris-Beyrouth ou Beyrouth-Paris ?
Votre musique est-elle un aller simple ou un aller-retour ? C'est le public qui lui donne un sens, la rend multiple car chacun la ressent avec sa sensibilité particulière selon le jour, l'endroit, l'atmosphère du lieu. L’essentiel, c’est que la musique ait une âme et du ressenti.
’Little Secrets’ (album de T. Farroukh sorti en 1998). En avez-vous ? Ah oui ! "C'est une musique peut-être un peu différente, mais ne cherchez pas à savoir qui est sa mère et qui est son père, d'où elle vient ni où elle va. ’Little Secrets’ est le disque d'un gars qui la sent comme ça, qui est toujours à la fois ici et là-bas".
Si je vous dis Yasmine Hamdane, vous me répondez ? Soapkills et ’Lili s’en fout’.
Est-ce que vous aussi vous vous en foutez ? Ça dépend.
Si je vous dis ’Cinéma Beyrouth’, vous me répondez ? ’Cinéma Beyrouth’ c’est d’abord l’architecture de l’orchestre qui séduit, l’imbrication des timbres et la subtilité des coloris, l’écriture riche qui ne contredit pas une certaine sobriété, la texture polyphonique et la fluidité des lignes, des mélodies et de la masse orchestrale, une élégance teintée d’une pointe de nostalgie. Bref, une véritable œuvre alchimique.
Si votre vie était un morceau de musique, quel en serait le titre ? Toufic Farroukh ?
Votre ’Qui êtes-vous’ a-t-il changé à l’issue de cet entretien ? Je ne sais pas. "L’homme qui cherche le pied de l’arc-en-ciel", ça vous va ? L’aventure humaine, c'est un drôle de jeu !
Entretien réalisé par Nasri N. Sayegh
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