L’artiste autodidacte Khalil Mufarrij dévoile ses œuvres pour la première fois au grand public à la galerie Surface Libre. L’exposition de 36 toiles à l’acrylique, qui se tient jusqu’au 31 août, décrit l’itinéraire du peintre du monde matériel à celui de la métaphysique. Khalil Mufarrij est né en 1947 à Beyrouth. Il obtient son diplôme en sciences politiques de l’AUB en 1973 et contribue de manière active à la vie politique estudiantine de l’époque. Atteint d’une maladie grave qui provoque sa paralysie, il trouve dans le dessin et la peinture qu’il pratique depuis 1998 un ultime recours pour l’exaltation de son imagination et un chemin vers la découverte de soi.
Ses peintures se distinguent par le dynamisme sauvage des couleurs, l’audace des amalgames, l’épaisseur de la texture, la vigueur du mouvement et l’originalité de la technique. Appartenant au genre abstrait, elles renvoient à une idée, illustrent un sujet inspiré de la réalité, reflètent un état d’âme ou une émotion ou encore expriment une méditation active sur l’existence.
L’artiste semble s’amuser à explorer des techniques originales en superposant les plans et variant ses outils de travail (outils spécifiques à la peinture murale). Il laisse son pinceau patauger dans une profusion de couleurs qui se propulsent en un splendide feu d’artifice ou une mystérieuse et séduisante flore sauvage. Ses touches et ses courbes tourbillonnent sur toute la surface du tableau jusqu'à communiquer le vertige à l’observateur.
Mufarrij a réussi à travers son art à créer une surface sans limites, aux pérégrinations de son esprit, à ériger un monde vibrant de vie et de musique, à inventer un langage mêlant spontanéité et recherche, chaos et sens, esthétisme et fantaisie,
''soit la revanche d’un esprit libre prisonnier de son corps’’. (César Nammour, ‘Khalil Mufarrij’, Fine Arts Publishing).
Géraldine Zeidan
A savoir
'Evolution', exposition de Khalil Mufarrij
du 17 au 31 août 2011
Galerie Surface Libre, Jal el-Dib, jardin Dadour.